Foot : Canal+ ne veut plus payer de droits TV pour des matches qui n'ont pas lieu

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Canal+ a suspendu un versement de 100 millions d'euros aux clubs français. 1:16
Canal+ a suspendu un versement de 100 millions d'euros aux clubs français. © JEFF PACHOUD / AFP
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Le football français, comme d’autres domaines de l’économie, est lourdement touché par l'épidémie de coronavirus. La chaîne Canal+ a décidé de suspendre le versement des droits TV pour les matchs de Ligue 1 aux clubs français, ce qui place ces derniers dans une situation financière préoccupante.

Finies les soirées foot devant la télé. La Ligue 1 est à l'arrêt, comme la plupart des autres championnats de football, à cause de l'épidémie de covid-19. Pour les chaînes qui diffusent ces rencontres, le manque à gagner est considérable. Canal+, principal diffuseur de la Ligue 1 a décidé d’arrêter de payer pour des matchs qui n’ont pas lieu.

Le diffuseur historique du foot français débourse en effet 550 millions d'euros par an pour retransmettre certaines rencontres de Ligue 1. La chaîne a donc décidé d'arrêter de payer, suspendant notamment un versement d'environ 100 millions d'euros pour le mois d'avril. Une décision très mal perçue par les dirigeants des clubs qui, sans droits TV mettraient inévitablement la clef sous la porte.

Échéances des salaires des joueurs

Les clubs doivent non seulement faire face à l’assèchement brutal de leurs recettes mais aussi aux échéances des salaires des joueurs. Tous sont passés au chômage partiel, ce qui ne règle pas le problème : le salaire moyen en Ligue 1, sans compter les stars internationales, est d'environ 50.000 euros, soit dix fois le maximum du chômage partiel. Même si les joueurs consentent des efforts, la situation va rapidement devenir intenable.

Canal+ assume parfaitement cette décision, invoquant "la survie de l'entreprise". Les rapports de la chaîne avec le foot français devraient se tendre un peu plus. La Ligue de football professionnel (LFP) prépare, quant à elle, une réponse à ce qu'elle considère comme une trahison aux vues du contexte. Bref, le bras de fer ne fait que commencer.

Europe 1
Par Jean-François Pérès édité par Antoine Cuny-Le Callet