ÉDITO - "La victoire en Fed Cup est magnifique, mais elle rend encore plus nostalgique"

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L'équipe de France a arraché son sacre contre l'Australie, dimanche.
L'équipe de France a arraché son sacre contre l'Australie, dimanche. © Tony Ashby / AFP
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Dimanche, les Françaises ont remporté la troisième Fed Cup de l'histoire de l'équipe de France, la première depuis 2003. Nos joueuses de tennis ont battu l’Australie, chez elle, en finale. Avec le changement de formule de cette compétition, vivre de telles émotions semble hypothétique, analyse notre éditorialiste sport Virginie Phulpin
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Jour de gloire pour le tennis français : l'équipe de France féminine a remporté dimanche la troisième Fed Cup de son histoire en dominant l'Australie, chez elle, par trois victoires à deux. Désormais, la Fed Cup va maintenant changer de formule, avec une semaine de compétition au mois d'avril, réunissant tous les pays en Hongrie. Pour Virginie Phulpin, éditorialiste sport d'Europe 1, cette nouveauté va à coup sûr nous rendre nostalgiques de la performance française du week-end.

"Qu’est-ce que le tennis nous offre de plus beau que ces rencontres de Fed Cup comme celle de ce week-end ? Les Françaises sont allées gagner à Perth, devant 12.000 supporters australiens survoltés. Elles ont gagné alors qu’elles étaient loin d’être favorites. Et elles l’ont fait au bout du suspense, égalité après les quatre simples, et c’est le double décisif qui leur donne la victoire. Tout était réuni. C’est ce genre de scénario qui reste dans les mémoires des joueuses et du public. Et qu’est-ce qu’on fait ? On casse tout pour une nouvelle formule. Pourquoi ?

Là, on va retrouver les joueuses réunies pendant une semaine en Hongrie au mois d’avril. 12 pays présents, et on fait une sorte de petit championnat de poules, des demi-finales et une finale, avec à chaque fois deux simples et un double, et c’est tout. Je vais avoir du mal à rêver, pour plusieurs raisons.

La première a à voir avec le calendrier. Ce sera en avril. Rien à voir avec le calendrier du tennis. On ne sera même pas à la mi-saison que la Fed Cup sera déjà terminée. On dirait qu’on l’expédie au titre d’affaire courante pour mieux s’occuper de ce qui est important après. Il n’y a pas pire comme message.  

Ensuite, la formule ressemble à une coupe du monde de football. C’est très bien pour le football, mais ça n’a rien à voir avec l’histoire du tennis. On pourrait peut-être respecter un peu ce qui a fait l’essence de ce sport. Et puis tout se joue donc dans un pays où on réunit tout le monde. Pour la passion, on repassera. Il y aura des spectateurs, c’est sûr. Mais il n'y aura jamais un public aussi bouillant que lors de ces rencontres à l’extérieur ou à la maison. Et c’est ce qui faisait aussi le sel de cette Fed Cup. Les joueuses vous diront la même chose d’ailleurs. Encore aurait-il fallu les consulter…"

C’est comme pour la Coupe Davis, on change de formule pour attirer les meilleures joueuses.

"Là, on vient de vivre Australie-France. La numéro 1 mondiale, Ashleigh Barty, était bien présente. On verra en avril, mais je ne vois pas bien comment elle pourrait être plus attirée par la nouvelle formule. Et puis cette Fed Cup, c’est aussi pour réunir une équipe, et une nation, dans un sport individuel à la base. Cette équipe se construit au fil des rencontres tout au long de l’année. Là, ça n’est pas avec une seule semaine ensemble qu’on va forger une identité d’équipe. Regardez Caroline Garcia et Kristina Mladenovic. Elles étaient brouillées, la Fed Cup leur a permis de se redécouvrir petit à petit et finalement de gagner ensemble dimanche. Si ça n’avait duré qu’une semaine, elles ne se seraient pas adressé la parole. Là, la victoire est magnifique, mais elle rend encore plus nostalgique."

Europe 1
Par Virginie Phulpin