Droits TV : la Ligue de football espère faire monter les enchères pour la Ligue 1

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La LFP espère vendre les droits à des prix comparables à ceux pratiqués en Allemagne et en Espagne.
La LFP espère vendre les droits à des prix comparables à ceux pratiqués en Allemagne et en Espagne. © DAMIEN MEYER / AFP
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La LFP espère atteindre le milliard d'euros annuel pour la période 2020-2024. Mais certains opérateurs, mal en point, pourraient ne pas pouvoir surenchérir. 

L'enjeu est vital pour les deux chaînes. BeIN Sports et Canal + s'opposent une nouvelle fois pour obtenir les droits télé de la Ligue 1 entre 2020 et 2024 qui seront attribués mardi. La Ligue de football professionnelle (LFP) espère faire monter les enchères et aller au-delà des 726 millions d'euros par an à l'heure actuelle pour diffuser la Ligue 1 et la Ligue 2.

Atteindre le milliard d'euros. L'objectif de la LFP est claire : atteindre le milliard d'euros pour se retrouver au niveau de la Liga espagnole. Actuellement, la Ligue 1 est diffusée à un faible coût au regard des montants qui se pratiquent dans les autres pays européens. La Premier League, avec son montant stratosphérique de 2,3 milliards d'euros, est encore hors de portée. La ligue italienne se monnaye au dessus du milliard d'euros quand la Bundesliga atteint 1,4 milliard.

Forte inflation. Le prix de diffusion de la Ligue 1 a toutefois connu une forte inflation ces dernières années. L'arrivée de joueurs de renommée internationale dans le championnat de France y est pour beaucoup. Le recrutement de Neymar au PSG a d'ailleurs permis de faire parler la Ligue 1 à l'international. Un écho sur lequel la LFP entend bien capitaliser.

SFR sur la touche ? SFR Sports, qui avait fait son entrée il y a quelques années sur le marché des droits télé du foot, ne sera pas de la partie, selon les informations du Journal du Dimanche. La maison-mère de l'opérateur, Altice, est en effet en grande difficulté financière et ne parvient pas à enrayer la chute en bourse. L'opérateur avait fait une entrée fracassante sur le marché en remportant, au nez et à la barbe de Canal +, les droits de diffusion de la Premier League anglaise pour la période 2016-2020 pour 300 millions d'euros annuels. La chaîne avait également réussi à s'emparer de la Ligue des champions et de la Ligue Europa entre 2018 et 2021 pour la bagatelle de 350 millions d'euros par an.

Prix de réserve. Le match devrait donc se jouer entre Canal + et BeIN Sports. Et l'appel d'offres de la LFP a été conçu pour maximiser les recettes. La Ligue a ainsi introduit le droit de "match-up". Le principe : si le prix de réserve d'un lot (tenu secret) n'est pas atteint, le mieux-disant aura 15 minutes pour s'aligner, sinon le deuxième mieux-disant pourra à son tour s'aligner. Si ce fameux prix plancher n'est pas atteint, la LFP a prévenu qu'elle ne rouvrirait l'enchère que deux mois avant le premier match de la saison 2020-2021, ce qui ne laisserait que peu de temps aux chaînes pour en faire la promotion. 

"Sous-licence". Les candidats aux 7 lots pourront également les revendre. En clair, les propriétaires de certains lots pourraient revendre certains matchs pour réduire les dépenses. Certaines chaînes en clair pourraient ainsi être tentées de se positionner pour diffuser certaines rencontres de prestige. Cette possibilité de "sous-licence" pourrait également ouvrir la porte à des agences de marketing sportif, à l'image de Mediapro ou IMG, comme cela à notamment été le cas en Italie.

Enjeu vital pour Canal +. Quoi qu'il en soit, l'enjeu est vital pour Canal +. La chaîne cryptée fait face depuis plusieurs années à une hémorragie du nombre de ses abonnés. En 2016, Canal + a ainsi perdu près de 500.000 fidèles. La chaîne, qui s'est positionnée depuis sa création sur le foot et le cinéma, serait grandement impactée en cas de perte des droits de diffusion de la Ligue 1.

"Je serai très attentif à investir de manière proportionnée (...). Perdre des droits pour trois ans est surmontable; mettre en danger l'entreprise en les surpayant, non", a tenu à faire savoir, dans une interview accordée au Film français, Maxime Saada, le président du directoire de Canal +. Alors jeu de poker menteur ou vraie réorientation ? Réponse mardi soir.