Coronavirus : les speakers essayent de faire entendre leur voix

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Le Speaker du FC Nantes, à l'instar de ses collègues, pâtit de l'arrêt du championnat de France.
Le Speaker du FC Nantes, à l'instar de ses collègues, pâtit de l'arrêt du championnat de France. © AFP
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Ils font partie des victimes collatérales de l'arrêt des compétitions et ils sont souvent oubliés alors que leur voix nous sont familières. Les speakers, maîtres ou maîtresses de cérémonie, sont eux aussi durement touchés par la crise du coronavirus.

Michel Montana, Jean-Charles Verdalle, André Fournelle ou encore Joffrey Dassonville, ces noms ne vous dites peut-être rien, mais leur voix, elles, sont connus des supporters. Respectivement speakers du Paris Saint-Germain, de Nantes, Marseille et Lyon, ils font partie intégrante de l’expérience d’un match vécu au stade. Un métier mis à mal ces derniers mois avec la crise du Covid-19. "Depuis le 29 février, et un Nantes-Lille, je n’ai plus tenu le micro. Cela fait très longtemps, voire trop longtemps", se lamente sur Europe 1 Jean-Charles Verdalle, speaker pour le FC Nantes qui préfère toutefois en sourire. "C’est ma femme qui est contente, et mes enfants, car on passe plus de temps que prévu ensemble."

Pas matches, pas de prestations

Problème, les speakers sont pour la plupart des indépendants. "Je suis à la prestation, je facture via ma structure. Mais il n’y a donc rien depuis le 29 février. Ce sont des sous qui ne rentrent pas", détaille Jean-Charles Verdalle. En moyenne, les speakers de Ligue 1 et de Ligue 2 perçoivent un cachet de 500 euros hors taxe par match. Si la "voix" de la Beaujoire a une activité à côté, ce n’est pas le cas de tous ses confrères. "On lutte, car on ne fait pas partie des clubs, des Ligues", rappelle Jérôme Gallo, président de la l'ASMC, l'association des speakers et maître de cérémonie qui représente une soixantaine de professionnels. "Si, de fin février 2020 à janvier 2021, on ne peut pas ne pas travailler, on aura déposé le bilan. On aimerait que la ligue statue sur le sujet."

Au-delà de l'aspect financier, c'est aussi une sorte de routine, installée tout au long de la saison, qui est brisée avec cette arrêt de longue durée. "On a forcément, et tous les speakers c'est certainement un peu la même chose, on a des rituels. Du levé à l'arrivée au stade jusqu'au chemin qu'on va prendre, les gens qu'on va saluer, le brief d'avant-match, la préparation du match, le lien avec les supporters, moi j'ai la chance à Nantes de faire aussi des interview bord terrain avec deux joueurs", détaille Jean-Charles Verdalle. "Toute cette préparation me manque. Mais aussi la compo d'équipe, c'est quelque chose d'extraordinaire et forcément la célébration des buts et des victoires, on regarde des vidéos pour se rappeler comment c'était avant."

Le huis-clos, une éclaircie pour les speakers?

Une éclaircie pourrait toutefois arriver avec la reprise des compétitions cet été. Encore faut-il que les speakers puissent travailler dans les enceintes à huis-clos. "Pour le huis clos, nous ne sommes pas encore sûrs qu'il y ait des speakers", s’inquiète Jérome Gallo sur Europe1. "C’est en suspens, on travaille dessus avec la LFP. Un quota de gens sera déterminé dans les stades à clos, reste à voir si on y sera ou non." Le huis clos pourtant pourrait être un bon moyen de remettre en avant le métier de speaker, dans des conditions certes bien particulières. "Cela va être bizarre, le déroulé de l'avant-match va être chamboulé, il se passe des choses avec les écrans, il va falloir imaginer une nouvelle manière de mettre du lien avec les supporters, est-ce ce que sera via les réseaux sociaux, le digital? J'appréhende sans appréhender", confie le speaker du FC Nantes. "Il faudra en tant que professionnel faire son métier. Des fois quand on joue des matches de Coupe de France, les premiers tours en début d'année, il fait froid avec des horaires inhabituels, on est dans des stades plus vides qu'ordinaire. On y met le même coeur, la même volonté, le même professionnalisme, qu'il y ait 100, 1000, 4000 personnes ou que le stade soit plein."

Europe 1
Par Julien Froment