Cinq choses que vous ignorez sur Julian Alaphilippe, sacré champion du monde de cyclisme

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Julian Alaphilippe est devenu dimanche champion du monde de cyclisme, 23 ans après le Français Laurent Brochard. © Marco BERTORELLO / AFP
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À 28 ans, Julian Alaphilippe est devenu dimanche champion du monde de cyclisme, après s'être imposé sur le circuit d'Imola en Italie. L'occasion de se replonger dans le parcours hors-norme du jeune athlète, à travers cinq anecdotes que vous ignorez sûrement...

Vingt-trois ans qu'un Français n'avait plus décroché ce titre ! Le Français Julian Alaphilippe s'est imposé dimanche lors du championnat du monde de cyclisme, sur le circuit d'Imola en Italie. À l’issue d’une course de six heures et demie – 258 kilomètres à travers les paysages vallonnés de Romagne -, Julian Alaphilippe est passé devant le Belge Wout van Aert et le Suisse Marc Hirschi. Il faut remonter à 1997, pour voir un maillot tricolore, en l’occurrence celui de Laurent Brochard, s’afficher sur la plus haute marche du podium de cette compétition. Une victoire qui confirme les capacités hors-normes de la nouvelle coqueluche du cyclisme français, et ce malgré une saison 2020 profondément chamboulée par la crise sanitaire. Tempérament, entraîneur, famille…  Découvrez cinq choses que vous ignorez sur Julian Alaphilippe. 

 

Il est hyperactif

"Je suis généreux dans l'effort, j'aime me faire mal", avoue le Français, toujours aussi tonique à l'âge de 28 ans. "Je travaille pour canaliser ma fougue. Mais on ne change pas vraiment". L'œil le plus souvent rigolard, qui devient encore plus noir au gré des contrariétés, il explique : "J'ai la joie de vivre en moi." Ses proches le disent débrouillard, malin, blagueur, mais aussi courageux, tenace, respectueux. "j'ai reçu une éducation basée sur le travail, je sais que rien ne tombe du ciel". 

Il a commencé sa carrière en tant que militaire

Julian, que son père surnommait "Juju", a arrêté tôt l'école. Contrat d'apprentissage oblige, il a travaillé de 16 à 18 ans pour un marchand de vélos de Montluçon. "Ca me plaisait, j'aimais bien parler matériel avec les clients", se souvient-il. Il s'engage ensuite en tant que militaire, dans l'équipe cycliste de l'armée basée à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), à la caserne du camp des Loges. "L'armée me proposait un emploi rémunéré à presque 1.200 euros par mois, nourri et logé. J'ai signé", dit le coureur.

C'est sous les couleurs proches du treillis militaire qu'il se fait enfin repérer après avoir eu une saison gâchée par des ennuis de cartilage à un genou. Auparavant, même sa médaille d'argent aux Mondiaux juniors de cyclo-cross (2010) n'avait pas suffi à convaincre les recruteurs. Malgré son habileté d'équilibriste sur le vélo et son punch ravageur, souligné de longue date par l'ex-entraîneur national du cyclo-cross Pierre-Yves Chatelon : "Des puncheurs comme lui, il n'y en a pas deux en France !"

Il est entraîné par son cousin

Dans l'équipe réserve de Quick-Step dès 2013, il intègre la formation première l'année suivante. Et se fait adopter aussitôt, notamment par Mark Cavendish, sensible comme les autres à la spontanéité et à la bonne humeur du Français. Mais il garde le même entraîneur, son cousin Frank Alaphilippe, un ancien coureur amateur de bon niveau qui s'occupe de lui depuis ses débuts. Julian sait se faire mal à l'entraînement. "J'ai fait une grosse sortie de 315 kilomètres, 9 heures 40, j'avais envie de repousser mes limites", expliquait-il en 2016, à propos de son entraînement pour la Doyenne, un an après s'être révélé par deux deuxièmes places dans la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège.

Mais il a dû attendre 2018 pour gagner la Flèche et l'année suivante pour enlever son premier "monument" (Milan-Sanremo) avant l'épopée du Tour 2019 (deux étapes et 14 jours en jaune).

Il joue de la à la batterie

Son père, décédé en juin dernier, animait en tant que batteur un orchestre dans les bals de l'Allier. Julian n'a pas sacrifié au solfège. "C'était encore pire que l'école !", se souvient-il. il a appris la musique à l'oreille. "J'ai joué en tant que batteur, j'en joue encore parfois", dit-il. "J'aime la musique".

Le coureur de Désertines, une commune du Bourbonnais aux portes de Montluçon où il a passé l'essentiel de sa jeunesse, avoue avoir besoin de décompresser à l'occasion. "J'aime la musique, les blagues". Sa décontraction représente l'un des meilleurs atouts de cet enfant de la balle. "Mon but, au fond, c'est de rendre heureux les gens autour de moi, avec des bonheurs simples", confiait-il avant les Mondiaux 2017.

Il vit près d'Andorre pour améliorer son coup de pédale en montagne

C'est dans les montagnes d'Andorre que Julian Alaphilippe s'est installé depuis l'hiver 2018-2019. Un cadre idéal pour améliorer ses performances en montagne. Il y partage sa vie avec la consultante TV Marion Rousse, qui le décrit un homme sensible et généreux: "Ce que j'aime le plus chez lui, c'est son humilité, sa façon de courir et son panache. Il est aussi très simple, il est toujours ouvert, il donne tellement d'amour à tout le monde. C'est un garçon qui n'est pas stéréotypé, il n'a pas forcément un discours qu'on lui demande de tenir."

Les téléspectateurs du monde entier ont été sensibles à l'hommage rendu à son père lorsqu'il a gagné à Nice la deuxième étape du récent Tour de France, son seul succès cette année avant le Mondial. En larmes, Julian Alaphilippe a avoué: "C'est à lui que j'ai pensé en franchissant la ligne."

Europe 1
Par Europe 1 avec AFP