Christian Prudhomme : c'était "un Tour de France rude"

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Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France, revient sur une édition 2018 qu'il qualifie de "rude" à plusieurs points de vue. "Le dernier tiers du Tour a été magnifique", lâche-t-il toutefois.
INTERVIEW

Au lendemain de l'arrivée du Tour de France 2018, qui a vu le Gallois Geraint Thomas (Sky) s'imposer, Christian Prudhomme, le directeur de la Grande Boucle, fait le bilan d'une édition "rude". C'est "une édition qui a commencé avant le départ du Tour de France", explique-t-il lundi matin au micro d'Europe 1.

L'affaire Froome "ne nous a pas aidés". Il confie que ce Tour a démarré "une quinzaine de jours avant" son véritable départ : "Nous avons demandé pendant des mois et des mois d’avoir une réponse dans l’affaire Froome et cette réponse, après six mois d’attente, est arrivée cinq jours avant le départ du Tour de France. Ça ne nous a pas aidés."

Mais ce n'est pas tout. C'était "un Tour de France rude parce qu’il a fait très chaud, à tous les points de vue. Plus de 30 degrés, cela a usé les organismes", ajoute Christian Prudhomme avant de revenir sur un événement qui l'a particulièrement marqué : "Un Tour de France rude aussi parce que, les images que je retiens de ce Tour, c’est d’abord la chute de Philippe Gilbert dans la descente du Portet-d’Aspet."

"On a vraiment eu très peur" pour Philippe Gilbert. Il raconte comment il a vécu ce moment : "Il y a une peur effrayante. D’autant qu’il y a 23 ans, dans le Porter-d’Aspet, Fabio Casartelli est mort. J’étais justement allé, quelques minutes plus tôt avec Bernard Thévenet, déposer une gerbe sur sa stèle. Quand on est remonté dans la voiture, on a entendu, d’une voix blanche, radio Tour nous dire : 'Il y a une chute sérieuse.' Donc on a vraiment eu très peur."

Pour ce qui est de l'aspect purement sportif, Christian Prudhomme "concède volontiers" qu'il y a déjà eu "des Tours plus brillants". Mais cette édition 2018 n'était "certainement pas" ennuyeuse : "On a vu une traversée des Pyrénées magnifique pour finir."

"Le dernier tiers du Tour a été magnifique." En faisant référence à la Sky, il analyse malgré tout qu'il "est certain que quand vous avez une équipe dominatrice, dominatrice aussi d’un point de vue physique avec tous ces coureurs en tête de peloton, ça peut peut-être inhiber certains coureurs". "Mais le dernier tiers du Tour a été magnifique avec des attaques, avec des gens qui ont tenté, des gens qui ont osé, qui n’ont pas forcément réussi parce qu’ils se sont heurtés à un mur blanc, mais qui ont tenté", lâche-t-il.

Europe 1
Par Grégoire Duhourcau