Marie, prof de collège, a vécu un burn-out : "Vous en arrivez au point de pleurer le matin, d'avoir peur"

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Christine Renon, malaise prof
Depuis le suicide de Christine Renon, les enseignants sont mobilisés pour dénoncer leurs conditions de travail. © AFP
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Mises en lumière par le suicide de Christine Renon en septembre dernier à Pantin, les conditions de travail des professeurs font l'objet d'une réunion exceptionnelle du CHSCT au ministère de l'Education. Marie, professeure de collège, a vécu un burn-out il y a quatre ans. Au micro d'Europe 1, elle se confie avec émotion sur ses conditions de travail. 
TÉMOIGNAGE

Depuis le suicide de Christine Renon, directrice d'école à Pantin en région parisienne, le mal-être des enseignants et des directeurs d'école est régulièrement dénoncé par les syndicats d'enseignants. Ce mercredi, le ministère de l'Education nationale se penche, en urgence, sur le malaise des professeurs avec une réunion exceptionnelle du CHSCT, Comité d'hygiène et de sécurité. Marie est professeure de collège au sein de l'Académie Bourgogne-Franche-Comté. A 42 ans, elle sort d'un burn-out, provoqué par un accident du travail il y a quatre ans. Elle se confie avec émotion à Europe 1. 

"A la suite des événements de Charlie Hebdo, certains élèves déclenchaient les alarmes incendie. Ils les ont déclenchées une dizaine de fois le premier jour, une dizaine de fois le lendemain et on nous obligeait à continuer nos cours", se souvient-elle. "Un jour, je suis passée sous le haut-parleur au moment où ils ont déclenché une alarme."

"Je suis devenue la risée de l'établissement"

Le son, violent, entraîne une infirmité à vie. "Je me suis pris du 105 décibels dans les oreilles et j'ai eu un gros traumatisme sonore, des acouphènes à vie, évoque avec émotion la professeure. J'ai fait cours avec un casque anti-bruit sur la tête pendant quatre mois et je suis devenue au bout d'un moment la risée de l'établissement. Donc oui, j'ai fini par faire un burn-out."

La rentrée suivant l'incident, un événement fait tout basculer. Elle retrouve dans sa classe le chef du groupe d'élèves soupçonnés d'avoir déclenché l'alarme incendie, lui causant ses problèmes de santé. "Vous en êtes arrivés au point de pleurer le matin, de ne plus pouvoir aller en classe et d'en avoir peur, raconte Marie, des sanglots dans la voie. On vous oblige à lui faire cours, il est devant, et à cause de lui vous avez une infirmité à vie qui n'est pas reconnue par l'administration."

Des rassemblements auront lieu un peu partout en France ce mercredi, en parallèle de la réunion du CHSCT du ministère de l'Education, pour alerter sur les conditions de travail des professeurs.