Défilé anti-raciste à Paris : "La vie d'un Noir veut dire quelque chose, là-bas comme ici"

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manif racisme paris
Des milliers de personnes ont défilé à Paris, samedi. © AFP
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Earl, afro-américain, et Annabelle, blanche de peau et française, manifestaient ensemble avec leur jeune fils samedi à Paris contre le racisme et les violences policières aux États-Unis et en France. Le couple explique au micro d'Europe 1 les raisons de leur présence dans les rues malgré le coronavirus.
REPORTAGE

Quatre jours après la manifestation devant le Tribunal de grande instance de Paris où plus de 20.000 personnes se sont rassemblés pour réclamer justice pour Adama Traoré, un jeune homme noir qui est mort peu après son interpellation par des gendarmes à Beaumont-sur-Oise en juillet 2016, de nouveaux rassemblements étaient organisés samedi, contre le racisme et les violences policières. À Paris, au milieu des 5.500 personnes présentes sur le Champ-de-Mars, un couple symbolisait à lui seul le mouvement mondial survenu après la mort de George Floyd, le 25 mai. 

"La justice n'est pas la même pour tous"

Earl, afro-américain originaire de Chicago, et Annabelle, blanche de peau et française, qui vivent ensemble à Paris, défilaient avec leur jeune fils. Pour eux, les morts de George Floyd et d'Adama Traoré sont comparables. "Tout ce qu'on peut voir aux États-Unis, on peut le voir aussi en France", explique Earl au micro d'Europe 1. L'Américain justifie ainsi l'important nombre de manifestants à Paris, malgré le coronavirus. "Les Français ont vu cette vidéo (de Derek Chauvin agenouillé sur George Floyd , ndlr) et ils ont fait le lien avec ce qu'ils vivent chez eux en France : il existe une injustice".

Sa compagne le rejoint. "La justice n'est pas la même pour tous et le cas d'Adama Traoré l'illustre", développe Annabelle. "Ce n'est pas possible qu'en 2020, avec toute la modernité qu'on a, on reste aussi arriérés dans nos pratiques", estime-t-elle. 

"La vie d'un Noir veut dire quelque chose, là-bas comme ici"

Ainsi, pour le couple, il était "très important" de venir manifester avec leur fils. "La vie d'un Noir veut dire quelque chose, là-bas comme ici", résume Earl. Comme lui, Annabelle s'inquiète des conditions dans lesquelles va grandir son enfant. "Je sais qu'il sera contrôlé plus que moi je ne l'ai été, blanche, en France", regrette-t-elle, expliquant qu'elle n'a jamais été contrôlée seule dans la rue. 

Pour que la situation actuelle change et que son fils puisse grandir sans la crainte d'un contrôle de police, Earl en est persuadé : "il y a besoin du soutien de tout le monde". 

Europe 1
Par Jean-Jacques Héry, édité par Ariel Guez