Une policière condamnée à deux ans de prison avec sursis pour avoir inventé de faux aveux

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Devant l’IGPN, la policière incriminée a expliqué se trouver en dépression au moment des faits. 1:22
Devant l’IGPN, la policière incriminée a expliqué se trouver en dépression au moment des faits. © Pixabay - creative commons
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Une policière de Saint-Nazaire a falsifié le procès verbal d'un homme placé en garde à vue pour viol, indiquant qu'il avait reconnu les faits. Le suspect, qui a passé un an en détention provisoire suite à ces faux aveux, s'est avéré innocent. Il a touché 30.000 euros de dédommagements.

Elle avait inventé les aveux d'un suspect. Une policière du commissariat de Saint-Nazaire a été condamnée le 22 mars à deux ans de prison avec sursis pour faux en écriture publique et usage de faux. Elle avait notamment falsifié le procès-verbal d'un homme suspecté de viol, ce qui a entraîné l'emprisonnement de ce dernier pendant un an alors qu’il était innocent.

Cette policière de 50 ans était à la tête du groupe "atteintes aux personnes" du commissariat de Saint-Nazaire. En 2018 elle est chargée d’enquêter sur le viol d’une femme. Un suspect est alors placé en garde à vue, et sur son procès-verbal d’audition la policière indique qu’il reconnait le viol, ce qui est faux, comme le montrera plus tard l’enregistrement vidéo de l’interrogatoire. L’homme va quand même faire un an de détention provisoire avant d’être relaxé, et dédommagé. Il a reçu 30.000 euros pour cette année de prison.

La policière invoque une dépression

Devant l’IGPN, la police des polices, la fonctionnaire a déclaré qu’elle était persuadée de la culpabilité de cet homme sans toutefois avoir d’animosité envers lui. Elle a également tenté de se justifier en expliquant aussi que cette période était compliquée, qu'elle était alors en dépression et fragile. Un autre procès verbal, dans une autre procédure cette fois, a aussi été modifié à ce moment-là.

L'avocat de la policière assure qu'il s'agit de deux événements isolés, et rappelle que l’IGPN n’a trouvé aucune autre anomalie sur les 26 ans de carrière de cette fonctionnaire. Sa condamnation ne sera pas inscrite sur la partie du casier judiciaire accessible aux employeurs, et si elle reste toujours policière aujourd’hui, elle ne travaille plus au contact du public.

Europe 1
Par Gwladys Laffitte, édité par Romain David