Reconfinement : le coup de gueule d’un médecin face au non-respect des règles

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"Les quinze jours à trois semaines qui viennent vont être très durs", estime Gilbert Deray. 1:30
"Les quinze jours à trois semaines qui viennent vont être très durs", estime Gilbert Deray. © LUCAS BARIOULET / AFP
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Alors que la France fait face à une nouvelle vague de Covid-19, plusieurs professionnels de santé dénoncent la légèreté de certains Français par rapport à la deuxième version du confinement. "Il y a un confinement dit 'partiel' que je crois non respecté", déplore Gilbert Deray de la Pitié-Salpêtrière, jeudi sur Europe 1.

Moins strict que celui du printemps, le deuxième confinement ne semble pas suffisamment respecté pour de nombreux médecins et spécialistes de santé publique. Très inquiet concernant la dynamique actuelle de l'épidémie de Covid-19, le professeur Gilbert Deray, chef du service de néphrologie à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, a vertement critiqué le comportement de certains Français, jeudi au micro d'Europe 1. "Il y a un confinement dit 'partiel' que je crois non respecté. J'étais dans Paris mercredi matin et clairement, le confinement, même partiel, n'est pas respecté", estime-t-il.

"Les réa se remplissent à toute allure"

Un constat incompréhensible pour le médecin, dont le quotidien est de plus en plus difficile. "Les quinze jours à trois semaines qui viennent vont être très durs, parce que les réa se remplissent à toute allure, parce que les hôpitaux se remplissent à toute allure, parce que nous avons déjà commencé à faire ce que nous ne voulions plus faire : déprogrammer. Ce n'est pas parce qu'on annonce 400 ou 500 morts Covid - ce qui est déjà énorme - qu'il faut s'arrêter là... C'est une perte de chances gigantesque pour les autres patients", déplore Gilbert Deray.

"C'est ma mère, ma grand-mère qui, demain, ne va pas pouvoir être sauvée"

Surtout, le médecin craint de se retrouver dans une situation où il faudra faire des choix douloureux. "Pour l'instant, jamais dans ce pays nous n'avons eu à choisir entre deux patients", affirme-t-il. "Ça risque d'arriver. Nous avons échappé à ça en avril-mai, mais ça va nous arriver. Imaginez ce qui va se passer quand un médecin va être face à deux personnes, une de 55 ans et une de 40 et qu'il va dire : 'Je prends celle de 40.' C'est ma mère, c'est ma grand-mère qui demain ne va pas pouvoir être sauvée."

Pour Gilbert Deray, une seule solution possible : le respect scrupuleux du confinement. "Soit on va gagner ensemble, soit on va perdre ensemble."