Rave party illégale en Bretagne : "Une déferlante de violences à l'encontre des forces de l'ordre"

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"Un millier de personnes" était encore sur la zone samedi midi. 1:56
"Un millier de personnes" était encore sur la zone samedi midi. © LOIC VENANCE / AFP
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Des heurts violents entre des participants à une rave party illégale et les forces de l'ordre ont eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi à Redon, en Ille-et-Vilaine. Invitée samedi midi sur Europe 1, la porte-parole de la Gendarmerie nationale, Maddy Scheurer, a dénoncé "une déferlante de violences à l’encontre des forces de l’ordre".

La tentative de dispersion d'une rave party illégale a tourné à l'affrontement violent entre fêtards et gendarmes, dans la nuit de vendredi à samedi à Redon, en Ille-et-Vilaine. Cinq gendarmes ont été blessés, dont deux ont été évacués à l'hôpital de Redon, et un jeune homme de 22 ans a perdu un main lors des heurts. Le parquet de Rennes a ouvert une enquête sur les circonstances de l'accident. "On était dans un contexte dans le courant de la nuit d’extrême violence", a commenté la porte-parole de la Gendarmerie nationale, le lieutenant-colonel Maddy Scheurer, samedi midi sur Europe 1. Elle a également dénoncé "une déferlante de violences à l’encontre des forces de l’ordre".

Des boules de pétanque jetées sur les gendarmes

Malgré un arrêté du préfet interdisant tout rassemblement festif à caractère musical, "1.500 personnes" avaient convergé vers Redon vendredi soir. Les tensions ont commencé vers 22 h 30. "Comme nous avions l'information qu'un teknival allait se produire, nous étions pré-positionnés sur la zone", a expliqué la porte-parole des gendarmes. Elle a précisé que ces derniers avaient "été rapidement victimes de jets de projectiles en tout genre, des parpaings, boules de pétanque et divers projectiles qui avaient a minima l'intention de blesser dans nos rangs, voire davantage..."

L'affrontement a duré pas moins de sept heures, les forces de l'ordre ayant recours à du gaz lacrymogène pour tenter de disperser la foule. 350 gendarmes ont participé à l'intervention pendant la nuit. "Encore une fois, les autorités ont choisi la violence en lieu et place de dialogue. Des pluies de lacrymos et de grenades se sont abattues sur une foule qui ne désirait que faire la fête", a réagi de son côté le collectif Teknival des musiques interdites. "A la mémoire de Steve Maia Caniço, en soutien aux inculpés de la Maskarade de Lieuron et pour toutes les victimes de la répression, notre seule volonté était de brandir haut et fort la musique comme étendard et comme élément indissociable de nos vies", a ajouté le collectif.

"Un millier de personnes" encore sur place à la mi-journée

Ces derniers jours, des appels à rendre hommage à Steve Maia Caniço, le jeune Nantais tombé dans la Loire lors de l'intervention des forces de police il y a deux ans, avaient été lancés. Du côté de Redon, la fête illégale n'était toujours pas terminée à la mi-journée. Selon Maddy Scheurer, "un millier de personnes" était encore sur la zone.

Cinq hommes ont ensuite été placés en garde à vue samedi dans le cadre d'une enquête "relative aux violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique (gendarmes)", a annoncé le procureur de la République de Rennes Philippe Astruc. Ils sont nés en 2001, 2002, 1998, 1999 et 1984. Enfin une troisième enquête a été ouverte sur l'organisation de la free party.

La fête terminée en fin d'après-midi

Peu après 17h, les forces de l'ordre ont lancé une opération d'évacuation du site de la rave party en utilisant des gaz lacrymogènes. "Une opération d'évacuation est en cours sur le site de la rave-party pour y mettre fin", a tweeté la préfecture. Un épais nuage de gaz lacrymogène a recouvert le site où des affrontements avaient eu lieu dans la nuit entre gendarmes et teufeurs. Au moins 25 cars de gendarmes mobiles et de CRS étaient positionnés aux abords du principal accès au site.

Finalement, peu avant 19h, l'évacuation de la rave party à Redon était "terminée", ont indiqué les autorités.

Europe 1
Par Jonathan Grelier, avec AFP