Alimentation : "Les nitrites donnent naissance à des cancérigènes avérés"

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(Image d'illustration.) 2:30
(Image d'illustration.) © SYLVAIN THOMAS / AFP
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Trois associations ont lancé une pétition le 20 novembre dernier pour réclamer l’interdiction des nitrites dans la charcuterie en particulier. Axel Kahn, cosignataire et président de la Ligue contre le cancer, rappelle sur Europe 1 les dangers de cet additif alimentaire pour la santé, responsable selon lui de cancers du côlon.
INTERVIEW

Alors que le député MoDem Richard Ramos doit défendre ce mardi un amendement visant à rendre obligatoire la mention de la présence des nitrites sur certaines étiquettes de charcuterie. Axel Kahn, Généticien, président de la Ligue contre le cancer, rappelle au micro d’Europe 1 que cet additif alimentaire, utilisé notamment pour améliorer la couleur des aliments, n’a aucune raison d’être encore autorisé. "Il y a des cancers colorectaux qui sont évitables, liés au traitement des viandes de porc conservées par les nitrites", affirme-t-il.

Le spécialiste est cosignataire d'une pétition lancée le 20 novembre pour dire "stop aux nitrites" dans l'alimentation deux autres associations, avec l’ONG Foodwatch et l’application Yuka. Elle recueille plus de 162.000 signatures ce mardi. "Ces produits donnent naissance à des cancérigènes avérés, tout le monde le reconnaît", soutient-il. "On peut se passer de nitrite, il n’y a donc strictement aucune raison de continuer à les autoriser."

Dans le jambon de Parme, pas de nitrites

Certaines marques de charcuterie ont même déjà fait le choix de se passer de nitrites. "Dans le jambon de Parme, il n’y a pas de nitrites", illustre Axel Kahn. "Il y a aussi une grande marque française qui fait des jambons de Paris gris-blancs sans nitrites."

Le généticien affirme que l’interdiction des nitrites fait consensus, y compris au sein de la communauté scientifique. "Les nitrites provoquent la formation dans l’intestin et l’estomac de deux produits, la nitrosamine et le fer nitrosylé", explique-t-il. "Il n’y a aucun doute là-dessus. Ce qui est incertain, c’est seulement le nombre de cancers du côlon qui sont liés à cela."