Pollution à l'arsenic dans l'Aude : des parents demandent de nouveaux dépistages

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Les craintes des habitants de la région sur de possibles écoulements provenant de l'ancienne mine d'arsenic de Salsigne s'étaient confirmées fin juin
Les craintes des habitants de la région sur de possibles écoulements provenant de l'ancienne mine d'arsenic de Salsigne s'étaient confirmées fin juin
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L’inquiétude est grandissante après la détection d’un taux d’arsenic supérieur à la moyenne pour 38 enfants de la vallée de l’Orbiel.

Une trentaine de parents d'élèves de la vallée de l'Orbiel (Aude) se sont rassemblés vendredi devant l'hôpital de Carcassonne pour demander de nouveaux dépistages après l'annonce par l'ARS d'une surexposition à l'arsenic d'environ 40 enfants.

Les craintes des habitants de la région sur de possibles écoulements provenant de l'ancienne mine d'arsenic de Salsigne s'étaient confirmées fin juin, avec la découverte de taux d'arsenic plus élevés que la moyenne chez trois enfants scolarisés dans les écoles de Mas-Cabardès et Lastours.

Trente-cinq autres, sur 103 enfants de moins de 11 ans testés, ont depuis été diagnostiqués avec un taux dans l'urine par gramme de créatinine supérieur à 10 microgrammes/gramme --la valeur de référence--, selon l'Agence régionale de santé (ARS) Occitanie, qui a mis en place un dispositif de surveillance.

L'ARS a recommandé un deuxième test sous deux mois pour les enfants surexposés

Derrière une pancarte reprenant le symbole chimique de l'arsenic pour dénoncer "As+ ARS = RAS", le groupe était venu accompagner les parents des premiers enfants concernés qui apportaient des prélèvements d'urine pour un test de contrôle.

L'ARS a en effet recommandé un deuxième test sous deux mois pour les enfants surexposés, pour déterminer si les taux établis attestent d'une exposition récente ou chronique.

Plusieurs parents ont témoigné devant les médias de leur inquiétude, certains réclamant qu'un dépistage soit aussi mis en place pour les adultes et apportant des prélèvements, qui seront testés à leurs frais.

" Ça crée un climat anxiogène"

"On suit le protocole de l'ARS pour les enfants. Mais en tant qu'adulte, on aimerait savoir aussi à quel taux nous sommes aussi exposés", a relevé Emeline Févotte, déléguée des parents d'élèves de Lastours, dont les enfants ont été contrôlés à 27 et 36 µg/g de créatinine en juin dernier.

"On est déstabilisé. Ça crée un climat anxiogène car on ne sait pas comment éviter les contacts" avec les sources de pollution, a-t-elle affirmé.

Laurie Bauer, de Conques-sur-Orbiel, qui refera contrôler le mois prochain son fils, (14 µg/g de créatinine) indique qu'elle se fera aussi dépister à l'occasion. Même chose pour Laurence François, de la même localité, qui fait part de son désarroi: un seul des deux enfants du couple a un taux supérieur à la norme "alors qu'ils vivent dans les mêmes conditions".

"Cela fait 23 ans que nous menons le combat" pour dénoncer la pollution du site, "tout ceci aurait pu être évité" déplore Guy Augé, président de l'association des riverains de Salsigne, également présent.