Situation contrastée dans les gares, bouchons monstres : le point sur le premier jour de grève SNCF

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A.H. avec AFP , modifié à
Avec un TGV sur huit en moyenne et un train régional sur cinq mardi, les cheminots donnent le ton de la mobilisation contre la réforme de la SNCF. 

On avait anticipé un mardi noir, il est bien là. Pour ce premier jour de grève perlée à la SNCF, les cheminots ont montré les muscles face à un gouvernement toujours déterminé. Trains à l'arrêt, trafic très perturbé sur le rail et "exceptionnel" sur les routes d'Ile-de-France… la situation s'est révélée très compliquée dès la matinée pour les habituels usagers du rail.

Un mouvement de grève très suivi

Comme l'avait anticipé la direction de la SNCF, le trafic est "très perturbé" pour ce premier jour d'une grève au long cours. Le taux de participation à la grève à la SNCF était de 33,9% mardi "en milieu de matinée" sur l'ensemble des "cheminots devant travailler", a annoncé la direction du groupe public ferroviaire dans un communiqué. Lors de la grève du 22 mars, il y avait eu 35,4% de cheminots grévistes. Parmi les "agents indispensables à la circulation des trains", le taux de grévistes atteint 48% mardi matin, contre 36% le 22 mars, - jusqu'à plus de trois sur quatre chez les conducteurs (77%), précise la SNCF.

Dans les gares, une situation compliquée et contrastée

Malgré la grève, des usagers du train ont été bien obligés, pour se rendre au travail, d'emprunter le peu de lignes ouvertes. Résultat, pour certains, ils ont dû anticiper leur trajet de plusieurs heures, modifiant complètement leur parcours. À Saint-Lazare, notre reporter a rencontré Ange, un agent de sécurité habitant Franconville et travaillant à Argenteuil. Pour embaucher à 9 heures, il a dû se réveiller à 3 heures ce matin. Et il est loin d'être le seul dans ce cas.

Globalement, dans les gares parisiennes, les usagers guidés par des agents en gilets rouges, présents en nombre, semblaient prendre leur mal en patience, sans animosité, certains affichant même leur soutien aux grévistes. Toutefois, des incidents sont survenus dans plusieurs gares, notamment à Gare de Lyon, à Paris, où une passagère est tombée sur les voies. En effet, une cohue impressionnante de voyageurs s'est formée dans la matinée. Des personnes ont même pris le risque de traverser les voies à pied, ce qui est formellement interdit par la SNCF.

Une forte affluence a par ailleurs été signalée par la SNCF en gares de Corbeil-Essonne, Melun, Combes-la-Ville, Villiers-le-Bel ou encore en Gare du Nord.  

En revanche, dans de très nombreuses gares de province, ce sont des halls déserts que nos journalistes sur place ont découvert. À Marseille, la gare Saint-Charles était vide. Même chose à Nice, où les voyageurs étaient aux abonnés absents. En gare de Reims, notre reporter a constaté des quais abandonnés, et des panneaux d'affichage… qui n'affichaient rien. 

Sans train, les automobilistes bien plus nombreux

Anticipant la galère dans les gares, les Français se sont adaptés. Beaucoup d'entre eux ont choisi de prendre la voiture, notamment en covoiturage. Résultat, à l'entrée de Paris, le site Sytadin a constaté un trafic "exceptionnel" jusqu'à 8 heures, avec près de 400 km de bouchons cumulés, avant un retour à la normale.

Notre reporter François Geffrier a d'ailleurs expérimenté cette méthode mardi matin, en emmenant dans la voiture Europe 1, trois passagères, de Nemours à Paris. 

Selon les informations d'Europe 1, les plateformes de covoiturage ont d'ailleurs connu un pic de réservations la semaine dernière, en prévision des grèves. Blablacar, leader du domaine, a dénombré un million de visiteurs uniques sur la plateforme ce week-end. Le site a même enregistré un pic historique de nouveaux inscrits. Sur le site iDVRoom, affilié à la SNCF, le nombre de réservations "a explosé durant le week-end, avec 20 fois plus de réservations que d'habitude." 

Le gouvernement refuse de céder

De son côté, le gouvernement affiche sa détermination. Par la voix de sa ministre des Transports, Elisabeth Borne, invitée de BFMTV mardi matin, il a fait savoir qu'il "tiendra bon dans l'écoute, dans la concertation, dans le dialogue." Pressée de dire si elle jugeait la grève justifiée, la ministre a répondu que, "personne ne peut comprendre", alors qu'elle a annoncé "deux mois de concertation" et des "avancées" sur l'ouverture à la concurrence, que "les syndicats ne bougent pas" et "répètent qu'ils veulent un mouvement long".