"On veut oublier Trèbes" : début d'exode après les attentats et les inondations

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Certains habitants de Trèbes, traumatisés après l'attentat du mois de mars puis les inondations cette semaine, souhaitent quitter la ville. "On vient à reculons dans la commune", admet un agent immobilier au micro d'Europe 1.

C'en est trop pour eux. Les habitants de Trèbes, toujours sous le choc de l'attentat survenu au mois de mars dans un magasin Super U de la ville qui a fait quatre morts, ont dû faire face à un nouvel événement traumatisant. Six Trébéens ont perdu la vie suite aux inondations survenues en début de semaine. Après ce nouveau coup dur, certains habitants souhaitent désormais quitter la ville.

Trèbes : elle avait perdu son mari dans l'attentat. Elle perd ses parents dans les inondations :

"Après les attentats, on a hésité" à partir. Si Lilian et sa femme, Sylvie, passent la raclette dans leur salon, ils ne nettoieront pas davantage leur maison car ils n'habiteront plus jamais ici. "On a décidé de partir. Après les attentats, on a hésité puis là, les inondations... On veut oublier Trèbes. Les mauvais souvenirs, là c'est trop", confie Sylvie au micro d'Europe 1. "On veut faire notre vie, on veut être tranquille", complète Lilian, qui estime qu'il est trop difficile d'essayer de reconstruire ici. "Pour nous, c'est terminé. On va déménager et on va repartir à zéro."

"On vient à reculons dans la commune." Alexandre, qui travaille dans une agence immobilière au centre du village, constate que Lilian et Sylvie ne sont pas les seuls à abandonner la ville : "Encore aujourd'hui, j'ai eu l'appel de l'un de mes clients. Sa femme a été très choquée, ses enfants apeurés. Il ne veut plus signer l'acte de cette maison. Ça s'ajoute à l'attentat qu'il y a eu au mois de mars. On a eu des affaires annulées à cette période-là. On vient à reculons dans la commune."

>> De 5h à 7h, c’est “Debout les copains” avec Matthieu Noël sur Europe 1. Retrouvez le replay de l'émission ici

Le maire appelle à ne rien lâcher. Le maire Eric Menassi, lui, refuse de croire à un exode. "On ne lâche rien. J'ai envie de dire à tous les Trébéens qui m'écoutent : 'Ne vous inquiétez pas, je serai toujours là pour vous. On fera tout pour que Trèbes redevienne la belle ville qu'elle a été'", lâche-t-il. Certains propriétaires, conscients qu'il sera très difficile de revendre, espèrent que la mairie rachètera leur maison avant de la détruire.