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Pierre-Baptiste Vanzini
Expulsions et destructions ont mis le feu aux poudres chez les zadistes. Ils souhaitent toujours monter un projet collectif sur la ZAD.
REPORTAGE

Les opérations d'expulsion ont repris mercredi matin à Notre-Dame-des-Landes dans une ambiance très tendue. les zadistes avaient monté des barricades impressionnantes dans la nuit et se trouvaient plus nombreux que la veille. Le site a été le théâtre de légers incidents en matinée : jets de pierre contre des grenades lacrymogènes. La tension est montée depuis que Les forces de l'ordre ont entrepris de raser des lieux de vie et des projets agricoles implantés de longue date.

"Ils ont choisi la violence". Ils sont boulangers, potiers, maraîchers, éleveurs et veulent rester sur place. Tous rassemblés, ils souhaitent créer un collectif sur la ZAD. Mardi, ils sont venus en bloc pour se faire entendre, pour crier leur colère après le destruction des '100 noms', un lieu emblématique de la ZAD. Sarah tient dans ses bras un agneau mort qu'elle élevait la-bas et sa voix trahit à la fois la colère et l'émotion : "Ils ont choisi la violence, choisi de détruire ce qu'on a créé. Ils ont tué des animaux et clairement c'est eux qui interrompent le dialogue alors que nous étions, nous, dans une logique de dialogue apaisé, tous ensemble avec la délégation", s'insurge-t-elle.

"Une autre vision de l'agriculture". Mardi encore, ils militaient tous pour ce projet collectif qu'ils rêvent de voir aboutir, à l'instar de Willhelm, paysan sur la ZAD : "Si on n'a plus de collectif agricole, on a ce qui se passe dans la plupart des campagnes, de l'individualisme, manger la ferme du voisin, être toujours plus seul avec une ferme toujours plus grande. Sur ma commune, il y a un certain nombre d'agriculteurs qui se suicident parce que c'est l'isolement. On est de plus en plus seul dans sa ferme face à ses difficultés", s'attriste-t-il, avant de marteler son objectif : "Nous portons une autre vision de l'agriculture pour tout le monde, ce n'est pas juste pour nous."

Mais à la préfecture, c'est l'impasse face à cette demande. La réponse est nette : "Aucun projet collectif ne sera accepté. la préfète de Loire Atlantique explique que tout est possible à partir du moment où ce sont des projets personnels clairement identifiés."