Mobilisation des lycéens : de nouvelles interpellations mercredi après des violences

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Les lycéens ont repris leur mobilisation dans la foulée des "gilets jaunes". © NICOLAS TUCAT / AFP
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Au 3ème jour de la mobilisation des lycéens, dans la foulée des "gilets jaunes", des manifestations ont été émaillées de violences mercredi à Bordeaux, Toulouse ou encore Hénin-Beaumont. 

Six lycéens ont été placés en garde à vue mercredi pour dégradation de véhicules ou jets de projectiles sur les forces de l'ordre lors d'une manifestation à Bordeaux. Les lycéens manifestaient aux alentours et sur la place Stalingrad, sur la rive droite de la ville, selon la préfecture. Six mineurs ont été placés en garde à vue pour "participation sans arme à un attroupement et dégradation de biens en réunion. L'un d'entre eux se voit également reprocher des faits de rébellion" et un autre "des faits de violence sur personnes dépositaires de l'autorité publique", a précisé le parquet de Bordeaux. Depuis lundi, plusieurs centaines de jeunes manifestent chaque jour aux abords du centre historique, contre la réforme du bac et la plateforme Parcoursup. À chaque fois, des heurts ont opposé des manifestants à la police.

13 interpellations à Toulouse. Des lycéens ont également manifesté mercredi dans le centre de Toulouse pour la troisième journée consécutive, et 13 personnes ont été interpellées, a indiqué la préfecture de la Haute-Garonne. Les interpellations ont eu lieu à la suite de "dégradations de mobiliers urbains et de violences contre les forces de l'ordre" qui ont notamment essuyé des jets de projectiles. Onze mineurs figurent parmi les 13 personnes interpellées. Ils étaient une "cinquantaine" de manifestants à déambuler dans les rues du centre-ville, et 270 devant plusieurs lycées de Toulouse ce matin, selon la préfecture.

Affrontements à Hénin-Beaumont. Par ailleurs, treize personnes ont été interpellées et placées en garde à vue mercredi après des heurts avec les forces de l'ordre à proximité d'un lycée à Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais. Des feux de poubelles ont été mis en place devant l'établissement scolaire Pasteur et dans une rue limitrophe, a expliqué la préfecture du Pas-de-Calais. Les sapeurs-pompiers ont fait l'objet de jets de projectiles et ont dû faire appel aux services de police pour assurer leur intervention. Les personnes ont été placées en garde à vue pour jets de projectiles, outrage, incendie de poubelle et port d'arme prohibée. Selon le rectorat de Lille, il y a eu des tentatives de blocage dans 14 lycées et deux collèges de l'académie, au troisième jour de la mobilisation contre les réformes du gouvernement dans l'éducation. 

Depuis lundi et dans la foulée du mouvement des "gilets jaunes", des dizaines de lycées ont été bloqués en France, et des manifestations parfois émaillées de violence ont eu lieu. Les lycéens contestataires appellent à l'abandon des réformes du lycée, du bac, de la voie professionnelle et de la loi ORE, introduite l'an dernier pour l'entrée à l'université et instituant la controversée plateforme Parcoursup. Des syndicats lycéens ont appelé à maintenir la pression et à intensifier le mouvement jeudi et vendredi par une "mobilisation générale" avec blocages d'établissement et manifestations.

 

Les parents d'une adolescente blessée au visage portent plainte à Grenoble. Les parents d'une lycéenne de Grenoble ont porté plainte après que leur fille a été selon eux gravement blessée au visage par un tir de flash-ball au cours d'une manifestation mardi, a rapporté le parquet. Selon la famille de l'adolescente, qui a témoigné de l'incident au Dauphiné Libéré, la lycéenne âgée de 16 ans aurait été atteinte "par un tir de flash-ball venant d'une unité de CRS" aux prises avec de jeunes manifestants sur un carrefour du centre-ville. Suite à la déposition du père de la jeune femme mardi soir au commissariat de Grenoble, le parquet a indiqué avoir saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour mener une enquête de flagrance et déterminer les circonstances de l'incident. La jeune fille a été hospitalisée mardi soir pour de "sérieuses lésions à la mâchoire inférieure, avec des fractures et des dents cassées", ont précisé ses proches au quotidien régional.