Une semaine rallongée et un système de vacances simplifié. Ce dimanche, la Convention citoyenne sur les temps de l'enfant a adopté 20 propositions pour repenser l'organisation des rythmes scolaires afin de mieux répondre aux besoins des enfants.
Pour rappel, la Convention citoyenne regroupe quelque 130 citoyens (de 19 à 83 ans) réunis régulièrement depuis le mois de juin pour répondre à la question posée par François Bayrou alors Premier ministre : "Comment mieux structurer les différents temps de la vie quotidienne des enfants afin qu'ils soient plus favorables à leurs apprentissages, à leur développement et à leur santé ?". Ensemble, et lors de sept sessions, ils ont donc déterminés 20 propositions allant en ce sens. Europe 1 vous résume les six plus importantes.
Cinq jours pleins par semaine
La première mesure est de passer à la semaine de cinq jours pleins de l'élémentaire au lycée, pour permettre une stabilité dans le rythme des enfants et alléger la journée scolaire. Cette semaine de cinq jours est "largement répandue dans les autres pays" et la France est "le seul pays de l'OCDE" à avoir ce modèle d'organisation, selon le rapport final adopté dimanche. Ici la Commission s'attaque à un sujet hautement sensible. La réforme de 2013-2014, qui avait relevé la semaine de quatre jours à quatre jours et demi, fut abandonnée dès 2017 dans la plupart des écoles. Aujourd'hui 90% des communes fonctionnent sur quatre jours.
Mais ce fonctionnement "entraîne des journées trop denses, des irrégularités dans les heures de coucher et de lever qui ont des incidences majeures sur les capacités d'attention et la fatigue des enfants", soulignent les citoyens.
Pas de cours avant 9h...
Autre mesure prônée par les citoyens, reculer le début des cours à partir de 9h au collège et au lycée afin de "favoriser une meilleure attention" et favoriser l'efficacité des apprentissages, en respectant les besoins physiologiques et les rythmes biologiques des enfants.
... et une journée coupée en deux
Autre bouleversement voulu, changer la façon dont sont faits les emplois du temps. Exit donc les trois heures de mathématiques juste après le déjeuner, en pleine digestion. La Convention citoyenne souhaite réserver les matinées aux apprentissages théoriques et l'après-midi aux apprentissages pratiques, avec des projets interdisciplinaires pour apprendre par l'expérimentation et des ateliers de la vie pratique (comme bricolage, cuisine, couture, gestion du budget, éducation à la citoyenneté). Après 15h30, propositions d'activités artistiques et sportives dans les établissements scolaires.
Deux zones de vacances à Pâques et pour le mois de février
Si un tiers des citoyens de la Convention souhaitaient raccourcir les vacances, pour alléger les journées de classe, la majorité a opté pour le maintien des 16 semaines actuelles : huit l'été et huit en petites vacances. Mais ils plaident pour un regroupement des vacances de février et de Pâques sur deux zones, contre trois actuellement, avec une semaine partagée pour "permettre à tout le territoire d'avoir des vacances en commun en particulier les enfants de familles séparées habitant des zones différentes". Ceci afin de se rapprocher d'une "alternance de sept semaines de cours, deux semaines de vacances", "préconisée par les chronobiologistes".
De quoi faire réagir les professionnels du tourisme. Dans l'entourage du ministre du Tourisme, Serge Papin, on se dit d'ailleurs "franchement défavorable" à cette proposition. "Alors que le tourisme est un secteur qui va bien ce n'est pas le moment de fragiliser tout ça", selon cette source.
Créer un ministère de l'Enfance
Avoir un membre du gouvernement dédié aux problématiques liées à l'enfance, est une autre idée mise en avant par les citoyens. Cela permettrait de réunir des politiques réparties entre plusieurs ministères et rendre obligatoire l'élaboration de Projets éducatifs de territoire plus ambitieux, en leur consacrant des moyens financiers et humains - alloués par l'Etat via ce nouveau ministère - permettant de mettre l'enfant au cœur des orientations des politiques qui le concernent.
Encadrer les usages numériques
Enfin, la Convention propose de réguler les usages numériques avec une série de mesures : interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans, interdiction de l'utilisation des téléphones portables à l'école élémentaire et au collège, suspension des mises à jour des espaces numériques de travail sur des plages horaires définies, paramétrer par défaut le téléphone des enfants à l'achat en fonction de son âge, hausse des amendes aux géants du numérique en cas de violation.
Pour rappel, aucun engagement concret du gouvernement n'a été annoncé quant à une mise en pratique des conclusions de cette Convention, troisième du genre après celles consacrées au climat et à la fin de vie.