Un effet "gilets jaunes" sur l'activité des services de renseignement

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Les personnes susceptibles de commettre des "violences collectives portant gravement atteinte à la paix publique" constituent, en 2018, environ 10% des objectifs suivis de près par les services de renseignement.

C'est un rapport officiel de la Commission de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR) qui le révèle : l'an dernier, en France, les services de renseignement ont surveillé 22.308 personnes, un chiffre en légère hausse de 3% par rapport à 2017. Mais si la priorité est toujours donnée à la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, il semble y avoir eu un effet "gilets jaunes" sur l'activité des services de renseignement.

Recueil de connexion, géolocalisation, interceptions…

Les mots "gilets jaunes" ne figurent pas dans le rapport mais à la rubrique "violences collectives portant gravement atteinte à la paix publique", on enregistre une explosion de 50% du nombre de surveillances, avec 2.112 personnes, très précisément, soit presque 10% des objectifs suivis de près par les services de renseignement.

" Lorsque des mesures de surveillance sont accordées, c'est parce qu'il y a un risque suffisamment étayé de violences collectives "

Toutes ses surveillances techniques ont été validées par une commission de contrôle indépendante. "Lorsque des mesures de surveillance sont accordées, c'est parce qu'il y a un risque suffisamment étayé de violences collectives", présente Francis Delon, président de la CNCTR. "C'est sur ce motif-là, et ce motif-là seulement, que l'autorisation peut être donnée. Ça va du simple recueil de données de connexion, pour savoir qui téléphone à qui, en passant par la géolocalisation, voire des interceptions de sécurité."

Plus de refus qu'en matière de terrorisme

Le responsable dit être particulièrement vigilant pour ne pas limiter la liberté d'expression et de manifester. "Évidemment, plus la technique demandée par le service est intrusive pour la vie privée de la personne, plus nous serons exigeants à l'égard du service pour qu'ils nous démontrent qu'il y a effectivement un risque de violences collectives", indique Francis Delon.

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Et comme la démonstration n'est pas toujours évidente, ou la mesure de surveillance parfois disproportionnée, le taux de refus pour les violences collectives est plus important qu'en matière de terrorisme. Sur l'ensemble des demandes reçues (73.298 avis, soit 4,1% de plus qu'en 2017, le CNCTR a émis 2,1% d'avis défavorables, précise le rapport.