7:00
  • Copié
Romain David , modifié à
Devenu paraplégique du jour au lendemain, Léo a continué de vivre l'histoire d'amour qu'il avait entamée avant la maladie. À Olivier Delacroix, sur Europe 1, il raconte comment son couple s'est nourri d'une épreuve qui aurait pu les séparer.
VOS EXPÉRIENCES DE VIE

En 2011, à l'âge de 15 ans, Léo a été brutalement frappé par une inflammation rare de la moelle épinière qui l'a privé de l'usage de ses deux jambes. À l'époque, le jeune homme était en couple depuis six mois. Huit ans plus tard, et malgré l'épreuve du handicap, sa copine est toujours à ses côtés. Au micro d'Olivier Delacroix, sur Europe 1, il raconte comment la maladie a fortifié leur relation.

"Le 31 octobre 2011 j'ai perdu l'usage de mes jambes en deux heures. J'ai eu une myélite, c'est une bactérie qui s'est mise sur la moelle épinière. J'étais en train de faire les magasins avec ma copine, j'ai commencé à avoir mal aux articulations, et en allant aux urgences, sur le parking de l'hôpital, je n'arrivais plus à maintenir mon corps avec mes jambes.

Je n'en avais jamais entendu parler avant d'en être victime. Mais il y a quand même quelques cas en France, les personnes peuvent être touchées à tous les endroits de la colonne vertébrale. Si c'est en haut, elles deviennent tétraplégiques. Moi, j'ai eu la chance d'être touché plutôt vers le bas.

>> De 15h à 16h, partagez vos expériences de vie avec Olivier Delacroix sur Europe 1. Retrouvez le replay de l'émission ici

Pour Léo, débute alors un long parcours médical, de quoi mettre à mal sa toute jeune histoire d'amour…

Au départ, je ne pensais pas que c'était grave. On n'était pas trop inquiet, mais avec le temps, au fil des jours, quand on voyait que je n'arrivais pas à récupérer la sensibilité et la motricité dans mes jambes, on a  commencé à s'inquiéter. Deux mois d'hospitalisation ont suivi et six mois dans un centre de rééducation pour apprendre la vie en fauteuil roulant. Ça veut dire que pendant huit mois, avec ma copine, on ne se voyait que dans le milieu médical ou lorsque je rentrais chez mois, quelques week-ends par-ci par-là.

... et la question d'une rupture a fini par se poser.

Ça gamberge, on a eu quelques discussions. Moi, j'aurais vraiment compris qu'après six mois de relation -  à 15 ans, il n'y a rien de concert, rien d'établi -, elle [puisse] partir. Dans les rêves d'une petite fille, le prince charmant n'est pas en fauteuil roulant. Assumer quelqu'un en situation de handicap, même si je suis complètement autonome, par rapport aux autres, ça n'est pas forcément évident.

" Maintenant, je pense que l'on peut partir à la guerre ensemble "

On a été très entouré par nos familles. C'est très important. Sa famille à elle m'a très bien accueilli. La mienne m'a beaucoup soutenu. Au lieu de nous éloigner, ça a plutôt renforcé nos liens, ça nous a soudé et maintenant, je pense que l'on peut partir à la guerre ensemble.

Huit ans plus tard, le couple construit des projets d'avenir.

J'ai été très clair, c'est ma copine et en aucun cas mon infirmière ou mon aide de vie. Je ne voulais absolument pas que ça le devienne. J'ai tout fait pour apprendre à me débrouiller tout seul, à être autonome, pour qu'elle n'ait pas à interagir dans mes activités, qu'il n'y ait pas de changement.

On a des projets d'enfants. Je peux en avoir. On a aussi le projet de s'installer ensemble, j'attends la fin de mes études."

>> Retrouvez l'intégralité du témoignage de Léo.