"Le moment est mal choisi" : dans les gares, les voyageurs divisés face au mouvement des cheminots

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Alors que le trafic pourrait être perturbé pour la troisième journée consécutive, dans les gares, les voyageurs sont partagés entre exaspération et soutien envers les conducteurs et les contrôleurs. 
REPORTAGE

Pour la troisième journée consécutive, la circulation pourrait être difficile dans les gares de France, après deux journées marquées par le droit de retrait exercé par les cheminots à la suite d'un accident survenu mercredi soir. Alors que la SNCF annonçait dès samedi soir la circulation d'un train Ouigo sur trois dimanche, dans les gares, les voyageurs restaient divisés sur la pertinence du mouvement des agents SNCF.

A la gare Montparnasse, les visages regardent tous dans la même direction, celle des panneaux d'affichage. Dans la foule, ni tension ni cohue, mais un peu de colère chez certains voyageurs aux trajets perturbés en ce premier jour de départs en vacances. "Je pense que le moment est mal choisi", râle une voyageuse au micro d'Europe 1, pas convaincue par les motifs invoqués par les cheminots. "Ils le font bien exprès, c'est très hypocrite de dire que c'est pour notre sécurité. Je n'y crois pas une seconde. On règle pas ce problème sur le dos des passagers." Et de conclure : "Je trouve ça scandaleux, on est pas des balles de ping-pong". 

"Heureusement que les gens sont capables de se défendre"

D'autres, en revanche, soutiennent le mouvement social, et se résignent, au fil des retards et des annulations annoncés par le haut-parleur. "Je suis pas contre la grève, donc j'attends", explique un passager. Selon lui, les cheminots sont "les seuls qui ont un moyen de pression, donc c'est normal qu'ils se battent". "Heureusement que les gens sont capables de se défendre quand ça devient vital pour eux", abonde un autre. 

Au troisième jour du mouvement, la situation pourrait connaitre un risque d'enlisement, les syndicats continuant de défendre le "droit de retrait", face à la direction et au gouvernement qui dénoncent une "grève sauvage". Concernant les prévisions de trafic pour dimanche, la SNCF ne sera en mesure de les communiquer qu'à 7H30 dimanche, mais annonçait samedi soir la circulation d'un train Ouigo sur trois, alors qu'aucun ne roulait samedi.

Europe 1
Par Jean-Jacques Héry, édité par Antoine Terrel