Le Conseil d'Etat confirme la dissolution de Génération identitaire

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Une opération anti-migrants, de Génération identitaire menée dans les Pyrénées, avait "scandalisé" Gérald Darmanin.
Une opération anti-migrants, de Génération identitaire menée dans les Pyrénées, avait "scandalisé" Gérald Darmanin. © AFP
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L'association Génération Identitaire est belle et bien dissoute. Le Conseil d'Etat, saisi par GI suite à la décision du gouvernement a enteriné cette dernière. Il estime que cette mesure est "proportionnée à la gravité des risques". La porte-parole du groupe dénonce, elle, une "décision politique".

Le Conseil d'Etat a estimé lundi que la dissolution du groupuscule d'extrême droite Génération identitaire était "proportionnée à la gravité des risques pour l'ordre public et la sécurité publique résultant des activités de l'association" qui avait contesté via un référé-suspension sa dissolution décrétée en mars. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin qui avait engagé la procédure de dissolution a salué lundi soir dans un tweet un "constat clair" du Conseil d'Etat. 

Génération identitaire tend à "justifier ou encourager la discrimination" selon le Conseil d'Etat

La porte-parole de Génération identitaire (GI) Thaïs Descufon a de son côté dénoncé une "décision politique". "Ce n'est pas une surprise, on avait peu de chances que notre requête soit entendue mais ça n'en reste pas moins scandaleux", a-t-elle réagi auprès de l'AFP.  Vendredi, l'association avait contesté devant le juge des référés sa dissolution, décrétée le 3 mars et justifiée selon le gouvernement par l'"incitation à la discrimination, à la haine et à la violence" et la "volonté d'agir en tant que milice privée". 

Un constat que rejoint le Conseil d'Etat. "Cette association, sous couvert de contribuer, selon ses dires, au débat public sur l'immigration et de lutte contre le terrorisme islamiste, propage, depuis plusieurs années, des idées (...) tendant à justifier ou encourager la discrimination, la haine ou la violence envers les étrangers et la religion musulmane", a-t-il estimé. 

Entretenir "des sentiments xénophobes ou racistes"

Lors de l'audience, la défense a estimé que l'association ne faisait que participer au débat public sur "le lien entre immigration et terrorisme, et plus globalement l'insécurité", en adoptant "une position ferme et dure" : "stopper l'immigration", selon Me Pierre Robillot.  La représentante du ministère de l'Intérieur Pascale Léglise avait en revanche défendu que GI par l'entretien d'un "amalgame entre les immigrés, les étrangers, les musulmans et les islamistes" mettait "de l'huile sur le feu".  

Dans son ordonnance, le Conseil d'Etat a abondé dans ce sens. "L'association organise en outre des évènements créant ou entretenant des sentiments xénophobes ou racistes", souligne la juridiction. Le Conseil d'Etat a également estimé que l'association utilisait "une imagerie et une rhétorique guerrières" et a refusé de transmettre au Conseil constitutionnel la Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) de l'association.

Créée en 2012, l'association loi 1901, dont le nombre de militants et sympathisants était estimé avant dissolution à 800 tout au plus par les spécialistes, s'est fait connaître en occupant le chantier d'une mosquée en construction à Poitiers. Elle avait alors déployé une banderole évoquant "732" lorsque "Charles Martel a battu les Arabes à Poitiers". Une opération anti-migrants, menée dans les Pyrénées fin janvier, avait "scandalisé" le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin qui avait engagé la procédure de dissolution. 

Europe 1
Par Europe 1 avec AFP