Dissous, le groupe d'extrême droite Génération identitaire va "saisir le Conseil d'Etat"

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La dissolution du groupe Génération identitaire en Conseil des ministres a été annoncée mercredi dans un tweet par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. L'avocat du groupuscule, maître Pierre-Vincent Lambert, a assuré à Europe 1 son intention de "saisir le Conseil d’État".

Le groupe d'extrême-droite Génération identitaire a été dissous mercredi en Conseil des ministres. Il est reproché au groupuscule de s'être radicalisé, avec notamment un élément déclencheur : sa dernière action anti-migrants dans les Pyrénées. Slogan, uniforme, insignes, entraînement... le ministère y voit des méthodes dignes d'une milice privée, un motif de dissolution au regard du code de sécurité intérieure. Dans le décret, on lit aussi que derrière le discours sur la préférence nationale, la lutte contre l'immigration illégale, se cache une idéologie xénophobe qui incite à la discrimination et à la haine raciale. Des arguments attendus par Maître Pierre-Vincent Lambert, avocat du groupuscule, qui a déclaré à Europe 1 qu'il va "saisir le Conseil d'Etat".

"Tout cela est grotesque"

"Ce n'est pas une surprise, mais tout cela est un peu grotesque. Nous expliquer qu'il y a une provocation à la haine parce qu'on dénonce l'immigration et ses conséquences... alors il faut dissoudre une majorité de français, il faut dissoudre le Rassemblement national. Cette dérive liberticide est beaucoup plus inquiétante. Donc on va saisir le Conseil d'Etat", a affirmé Pierre-Vincent Lambert.

Le décret de dissolution du groupuscule rappelle aussi que son idéologie est influente, et que certains acteurs de l'ultradroite s'en revendiquent. Le nom de l'association se trouve par exemple dans un dossier antiterroriste, celui d'un ancien militaire arrêté l'an dernier à Limoges qui projetait de s'attaquer à des juifs. A son domicile, les enquêteurs ont retrouvé un t-shirt siglé Génération identitaire.

Désormais donc, place au combat juridique pour le groupuscule. Une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) est aussi envisagée pour contester la base juridique du décret.

Europe 1
Par Justin Morin, édité par Séverine Mermilliod