Jean-Louis Servan-Schreiber : "Ma femme et moi, on déteste le mot 'senior', on est vieux"

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Aujourd'hui âgé de 81 ans, le journaliste et essayiste Jean-Louis Servan-Schreiber confie à Nikos Aliagas sur Europe 1, ne pas se sentir "très différent de quand" il avait 70 ans mais avoue se sentir vieux.
INTERVIEW

"J'ai 81 ans, je n'avais pas prévu d'être comme ça." "Comme ça", c'est "pas très différent de quand j'avais 70 ans", explique le journaliste et essayiste Jean-Louis Servan-Schreiber à Nikos Aliagas, sur Europe 1. Ce constat part du fait que "l'on se compare avec ce que l'on a autour de soi". Pour lui, l'élément de comparaison, c'est son père, qui "est mort à 79 ans et c'était un vieux monsieur, qui avait du mal à se propulser, qui commençait à être très fatigué".

Jean-Louis Servan-Schreiber : "Ma femme et moi, on déteste le mot 'senior', on est vieux"

A 81 ans, il fait 45 minutes de gymnastique tous les matins". "Celui qui vient de publier 80 ans, un certain âge (Albin Michel), assure que malgré son âge, il se sent "bien" et continue à faire "45 minutes de gymnastique tous les matins". Mais cela ne l'empêche pas de refuser l'emploi du mot "senior" le concernant : "Ma femme et moi, on déteste le mot 'senior', c'est du marketing. On est vieux !"

Vieux car, même s'il se sent toujours en forme, Jean-Louis Servan-Schreiber explique qu'à son âge, "le corps est différent" : "Il faut admettre que l'on a moins d'endurance, on a moins de force et on a moins de goût pour voyager. On se replie un petit peu sur un monde plus proche mais avec plaisir, avec énergie, avec allégresse. C'est ça qui compte."

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"Ce qui reste, c'est le vivant. Tout ce que l'on a fait est mort." L'avancée dans l'âge est aussi l'occasion de faire sa propre introspection. "Je me rends compte maintenant" que "la réussite matérielle, (...) ce n'est pas ça qui compte. Ce qui compte, c'est les autres, ceux avec lesquels on vit, la dose d'amour, de relations, de qualités humaines qu'il y a autour de soi. (...) Ce qui reste, c'est le vivant. Tout ce que l'on a fait est mort, est passé."

S'il ne peut pas affirmer aujourd'hui qu'il est devenu celui qu'il voulait devenir, Jean-Louis Servan-Schreiber assure que, "ce que l'on devient avec le temps, c'est ce que l'on est vraiment et on ne savait pas d'avance ce que ce serait". Mais "quand il reste beaucoup moins d'années devant soi", ce qu'il y a de plus important est que "chaque jour devient précieux".

Europe 1
Par Grégoire Duhourcau