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Grégoire Duhourcau , modifié à
Isabelle a fait son premier jeûne d'une semaine en 2009. "Ça s'est très bien passé mais je voulais absolument le faire auprès de gens qui maîtrisaient bien le sujet", raconte-t-elle à Olivier Delacroix sur Europe 1.

Isabelle, 55 ans, pratique le jeûne pendant une semaine une fois par an depuis dix ans. Si elle a beaucoup réfléchi avant de se lancer, elle a fini par franchir le pas, de façon encadrée et après s'être beaucoup renseignée. "J'ai été étonnée de me rendre compte qu'en fait, c'est assez facile finalement", confie-t-elle à Olivier Delacroix sur Europe 1.

"J'ai beaucoup réfléchi avant de me lancer dans cette expérience parce que ce n'était pas du tout naturel chez moi. D'une part, parce que je suis professionnelle de santé et ça ne fait pas du tout partie de notre enseignement de base et puis je suis gourmande. L'idée même de m'arrêter de manger relevait plus de la torture qu'autre chose.

Je suis tombée sur des articles, des écrits concernant le jeûne. Dans un premier temps, je n'ai pas du tout voulu m'y pencher car ce n'était pas du tout dans ma culture médicale. Finalement, par curiosité, j'ai jeté un œil. Ça m'a intéressée. J'ai quand même dû creuser le sujet de façon plus approfondie pendant deux ans avant d'oser me lancer.

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J'ai fait mon premier jeûne en 2009 et ça a été vraiment une expérience extraordinaire. C'était un jeûne d'une semaine. Ça s'est très bien passé mais je voulais absolument le faire auprès de gens qui maîtrisaient bien le sujet. Je l'ai fait en groupe, dans un centre dédié à cela et encadrée par des gens qui maîtrisent vraiment bien le sujet. Encadrée non pas par un personnel médical parce qu'en France ce n'est pas encore tellement développé. 

"Il faut maintenir un capital musculaire donc l'activité physique est importante"

J'ai voulu me tourner vers un organisme fiable. J'ai retrouvé un groupe que je ne connaissais pas et nous avons jeûné tous ensemble pendant une semaine. Ce qui était important c'est qu'il y avait la randonnée qui était associée au jeûne. C'était important d'avoir une activité physique pour que l'organisme n'aille pas chercher trop de protéines dans les fibres musculaires. Il faut maintenir un capital musculaire donc l'activité physique est importante. Ça peut paraître étonnant mais c'est une réalité.

J'ai été étonnée de me rendre compte qu'en fait, c'est assez facile finalement. Il y a quand même quelques minutes au démarrage qui sont un petit peu difficiles parce que l'organisme se met un peu en mode veille. Le matin, on sent bien que l'on a une petite tension, on est un petit peu faible. Mais assez rapidement, en se mettant en mouvement, le forme vient et on s'étonne des choses que l'on peut accomplir et des kilomètres que l'on peut avaler, que ce soit en marchant ou en faisant du vélo. En pratiquant le jeûne chez moi, je me suis aperçue que je pouvais faire 50 kilomètres en vélo sans aucune difficulté. Sur du plat, certes, mais sans difficulté, sans malaise, sans sensation de faiblesse. J'ai été vraiment stupéfaite.

"Le passage du deuxième ou troisième jour est toujours un virage un petit peu critique"

Hormis la faiblesse ressentie au réveil, c'est reconnu, le passage du deuxième ou troisième jour est toujours un virage un petit peu critique, où on peut avoir des symptômes variables, avec des degrés aussi variables en fonction de la personne, mais on s'y attend. On peut avoir des maux de têtes, on peut avoir des nausées, on peut avoir différents troubles, qui ne durent pas. Il faut s'y attendre. On nous avertit, moi j'y étais préparée. A titre personnel, ça se passe relativement bien mais je sais qu'il y a toujours cette petite phase d'inconfort à passer et après, tout va bien."

Le jeûne doit être abordé avec prudence

Nombreux sont ceux qui s'intéressent à la pratique du jeûne pour ses bienfaits, qui ne sont toutefois pas encore scientifiquement prouvés. C'est pourquoi le jeûne doit être abordé avec une certaine prudence. Dans notre article intitulé "Quelles sont vraiment les vertus du jeûne" publié en mai 2018, nous vous expliquions notamment comment jeûner sans danger.