Hébergement des demandeurs d'asile : le patron de l'Ofpra appelle à "être inventif"

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L'an dernier, plus de 100.000 demandes d'asile ont été déposées à l'Ofpra. Image d'illustration.
L'an dernier, plus de 100.000 demandes d'asile ont été déposées à l'Ofpra. Image d'illustration. © CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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Alors que la barre des 100.000 demandes d'asile déposées à l'Ofpra a été dépassée l'an dernier, et que la tendance est à la hausse, les places manquent en centres d'accueil. 

La France manque de places pour héberger les demandeurs d'asile et "il va falloir être inventif" en s'appuyant sur les associations et les citoyens, a estimé mardi le patron de l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) Pascal Brice, dans une interview à Ouest France.

"Dans notre pays, l'hébergement des demandeurs d'asile est de la responsabilité de l'État. Mais on manque de places en centres d'accueil(Cada) et il va falloir être inventif. Avec le concours des collectivités locales, des associations et des citoyens", a-t-il ajouté. En effet, "il faut héberger les gens, intégrer les réfugiés et reconduire ceux qui n'ont pas droit au séjour", a-t-il estimé.

Les associations jugent insuffisantes les aides financières pour le logement. L'an dernier, la barre des 100.000 demandes d'asile déposées à l'Ofpra a été dépassée et la tendance est à la hausse pour cette année, avec 60.000 demandes entre janvier et juillet (+16%). Sur ces demandeurs, la moitié environ est hébergée et les autres reçoivent un pécule pour se loger, jugé très insuffisant par les associations. Selon la Cimade, qui aide les réfugiés, 20% des demandeurs d'asile non hébergés par l'Etat bénéficient d'un hébergement citoyen ou solidaire.

Alors qu'un campement de 450 migrants s'est développé dans le centre de Nantes, Pascal Brice a estimé qu'"une bonne partie des difficultés vient des accords de Dublin", prévoyant le renvoi du demandeur d'asile dans le premier pays où il a laissé une trace en Europe (souvent le pays d'arrivée). Mais "ça ne fonctionne pas ou rarement", a affirmé le directeur-général de l'Ofpra, en rappelant qu'Emmanuel Macron "a préconisé d'installer plutôt des prises en charge dans les pays de transit ou à l'arrivée en Europe".

L'Ofpra veut un "office des réfugiés européens". L'Ofpra a ainsi mené plusieurs missions en Turquie, en Jordanie, au Niger ou au Tchad l'an dernier, et a dépêché cet été des équipes dans les ports européens où plusieurs navires humanitaires ont pu accoster, après le refus de l'Italie, afin de statuer sur les demandes d'asile des migrants à bord.

"Nous préfigurons les centres d'instruction évoqués par le dernier conseil européen", a ajouté Pascal Brice, en répétant son souhait d'un "office des réfugiés européens indépendant des pouvoirs publics".