Les demandeurs d'asile ne sont pas un "fardeau" pour les économies européennes, selon une étude

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Les chercheurs ne voient pas d'effets négatifs sur l'économie causés par l'arrivée de demandeurs d'asile. Image d'illustration.
Les chercheurs ne voient pas d'effets négatifs sur l'économie causés par l'arrivée de demandeurs d'asile. Image d'illustration. © PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Selon une étude du CNRS, "les demandeurs d'asile ne font pas augmenter le chômage et ne réduisent pas le PIB par tête". 

Alors que l'Europe se déchire autour de l'accueil des migrants, selon un sondage publié mercredi, six Français sur dix jugent la politique migratoire et d'asile de la France "trop laxiste". Pourtant l'arrivée de migrants pourrait en réalité être un atout pour l'économie des pays d'accueil, comme l'affirme une étude du CNRS. 

Hausse du PIB par habitant et baisse du chômage. Les auteurs de l'étude publiée mercredi dans Sciences advences ont analysé les données relatives aux migrations de quinze pays européens depuis 1985, en distinguant les demandeurs d'asile des migrants permanents. Et les résultats prennent le contre-pied des thèses défendues par les opposants à l'immigration au motif qu'elle serait nocive pour l'économie. Selon l'étude, une augmentation de flux de migrants permanents à une date donnée entraîne une hausse du PIB par habitant, une baisse du taux de chômage, ainsi qu'une augmentation des recettes fiscales venant par ailleurs compenser les dépenses publiques supplémentaires. Tous ces résultats positifs se produisent jusqu'à quatre ans après. Selon Hippolyte d'Albis, directeur de recherche au CNRS, "il y a un effet positif très visible du flux de migrants permanents", explique-t-il sur le site du centre.  

"Cet argent va être redistribué dans l'économie". Concernant les demandeurs d'asile, les chercheurs ne distinguent pas d'effets négatifs, et leur arrivée n'est pas "un fardeau" pour les économie européennes. "Les demandeurs d'asile ne font pas augmenter le chômage, ne réduisent pas le PIB par tête, et il ne dégradent pas le solde des finances publiques", détaille sur Franceinfo Hippolyte d'Albis. 

"Evidemment, il y a un coût. Ces personnes vont être logées, parfois recevoir une allocation. Mais cet argent va être redistribué dans l’économie", ajoute le chercheur. Un impact positif se ferait ainsi sentir au bout de trois à cinq ans. 

Europe 1
Par Europe1.fr