Handicap : la SNCF condamnée pour "atteinte à la dignité" d'un étudiant

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Le jeune homme de 27 ans, atteint du "syndrome de Little", attaquait la SNCF pour "discrimination". © ERIC CABANIS / AFP
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La SNCF a été condamnée à verser 5.000 euros de dommages et intérêts à un étudiant en fauteuil roulant.

La Cour d'appel de Toulouse a condamné jeudi la SNCF à verser 5.000 euros de dommages et intérêts à un étudiant en fauteuil roulant qui l'attaquait pour "discrimination" faute d'adaptation des trains aux handicapés.

 

Les toilettes et le wagon-bar inaccessibles aux fauteuils

Jugée "responsable, lors de l'exécution du contrat de transport, d'une atteinte à la dignité" du plaignant - débouté en première instance - la SNCF devra également lui verser 2.000 euros au titre des frais de justice. La cour a en revanche débouté le jeune homme, 27 ans, de sa demande de juger que la SNCF "a manqué à ses obligations légales en matière d'accessibilité de ses équipements de transport aux personnes en situation de handicap".

Atteint du "syndrome de Little" (dégénérescence des neurones), Kévin Fermine, un militant associatif prenant régulièrement le train notamment pour se rendre à Paris, avait fait valoir qu'il ne pouvait pas se rendre aux toilettes et au wagon-bar durant ses trajets. "Chaque fois que je prends le train, je me demande si je vais devoir me faire pipi dessus comme c'est déjà arrivé", avait-il notamment témoigné au micro d'Europe 1.

 

"Une victoire symbolique"

"Je suis satisfait car la justice a reconnu qu'il n'était pas possible en 2019 de faire voyager des gens dans ces conditions", a-t-il réagi pour l'AFP. "C'est une victoire symbolique, un pas en avant, qui peut inciter les autres personnes en situation de handicap à faire valoir leurs droits", a-t-il ajouté.  Sa défense a mis en avant "l'aspect contractuel" des obligations de la SNCF, "quand bien même la loi laisse des délais" pour la mise en conformité, a souligné son avocat, Me Pascal Nakache.

Cette décision "implique que la SNCF va devoir faire beaucoup plus vite" pour se mettre en conformité et "ouvre la voie à d'autres procédures" de la part de personnes en situation de handicap, a-t-il estimé.  La défense de la SNCF avait rappelé lors de l'audience que la loi a étendu jusqu'en 2024 la mise en accessibilité des transports ferroviaires, autorisant ainsi la compagnie à une mise en conformité progressive. Elle avait aussi objecté que le contrat de transport "a pour objet d'assurer la sécurité et le transport à bon port des usagers et n'implique pas d'assurer le transport d'usagers dans des conditions dites 'normales' à savoir en permettant, notamment, l'accès aux toilettes".