Grève SNCF : coup d'envoi du débat à l'Assemblée, reprise "progressive" du trafic mardi

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Quelques étudiants, agents de la RATP et militants du secteur de l'énergie se sont joints au cortège, lundi après-midi.
Quelques étudiants, agents de la RATP et militants du secteur de l'énergie se sont joints au cortège, lundi après-midi. © AFP
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Alors que la réforme du projet du "nouveau pacte ferroviaire" est examinée par les députés lundi après-midi, plusieurs centaines de personnes se sont réunies à Paris pour contester le projet du gouvernement.
L'ESSENTIEL

Le coup d'envoi du débat sur le  "nouveau pacte ferroviaire" voulu par le gouvernement a été donné lundi à l'Assemblée nationale, au quatrième jour d'une grève toujours très suivie des cheminots qui ont manifesté dans plusieurs villes de France, avant une reprise "progressive" du trafic SNCF prévue mardi.

Les principales informations à retenir

  • Un TGV sur cinq, un Transilien et un TER sur trois et un Intercités sur six ont circulé lundi
  • Plusieurs centaines de cheminots et sympathisants se sont rassemblés à Paris
  • Le trafic doit reprendre "progressivement" mardi

Quelle a été est l'ampleur de la mobilisation ?

Au quatrième jour de grève, le taux de mobilisation était de 24,9%, soit un peu moins moins que mercredi dernier (29.7%), a indiqué la direction de la SNCF. D'après la SNCF, si la mobilisation des conducteurs - 74% de grévistes lundi - est intacte, celle des autres métiers faiblit, selon un "phénomène assez classique".

  • Un rassemblement près de l'Assemblée nationale

À Paris et dans plusieurs villes de France, des manifestants sont descendus dans les rues pour protester contre la réforme du gouvernement. Ils étaient plusieurs centaines de cheminots et sympathisants, rassemblés lundi après-midi sur l'esplanade des Invalides, non loin de l'Assemblée nationale, pour défendre "l'avenir du service public ferroviaire", peu avant le début du débat dans l'Hémicycle sur cette réforme qu'ils contestent. Explosion de pétards, sirènes, les manifestants n'ont pas lésiné sur les moyens pour se faire entendre des députés. L'ambiance est toutefois restée bon enfant tandis que les cheminots scandaient leurs revendications aux cris de "Cheminots en colère on va pas se laisser faire !" ou "ça va péter !".

D'autres ont ensuite joué au chat et à la souris avec les forces de l'ordre pour partir à leur tour en manifestation sauvage, dans un cortège coloré de drapeaux CGT, Sud et FO. Les deux groupes - environ 300 personnes selon un journaliste de l'AFP - se sont finalement retrouvés sur le Champ-de-Mars et ont craqué des fumigènes au pied de la Tour Eiffel. Ils se sont ensuite dirigés vers la place du Trocadéro, toujours dans une ambiance bon enfant.

Vers une reprise "progressive" du trafic mardi

Lundi, le trafic a été très perturbé, mais moins que la semaine dernière. Un TGV sur cinq, un Transilien et un TER sur trois et un Intercités sur six ont circulé lundi. Aucun TGV Ouigo n'a roulé. Par ricochet, le trafic routier a été touché lundi matin en Ile-de-France où l'on a compté 375 km de bouchons à 8 heures, contre une moyenne de 280 km habituellement enregistrés, selon Sytadin

  • Une reprise "progressive" du trafic mardi

Le trafic reprendra progressivement mardi matin mais restera légèrement perturbé sur les lignes Intercités et régionales, a indiqué la SNCF. Les TGV et les trains internationaux circuleront normalement mardi. En Ile-de-France, 4 Transiliens sur 5 en moyenne devraient fonctionner, et le trafic des RER A et B sera normal. La SNCF prévoit 3 trains sur 5 sur le RER C et 2 sur 3 sur le D.

Par ailleurs, 4 TER sur 5 circuleront en moyenne, et 3 Intercités sur 5.

Selon les modalités retenues par les syndicats de cheminots, le mouvement de grève contre la réforme ferroviaire qui a fortement perturbé la circulation des trains dimanche et lundi sera suspendu pendant trois jours avant de reprendre vendredi et samedi.

Quelle suite pour la grève ?

  • La réforme présentée à l'Assemblée

La ministre des Transports, Élisabeth Borne, a défendu devant les députés une réforme "impérative" et plaidé pour un débat "délesté des fantasmes et des contre-vérités qui le polluent". Cette réforme "urgente" a "pour seul objectif de mieux satisfaire, enfin, les attentes de nos concitoyens, en particulier pour leur transport du quotidien", a souligné la ministre, en récusant toute volonté du gouvernement de "passer en force". 

"Nous ne sommes pas d'accord", ont répliqué les députés de gauche qui sont montés au créneau contre la réforme ferroviaire. Les Insoumis ont notamment accusé le gouvernement de vouloir "porter à la ceinture le scalp" des cheminots, LR dénonçant aussi un texte "bâclé". Manuel Bompard, coordinateur des campagnes de La France insoumise, a estimé qu'Emmanuel Macron "était en train de reculer". En cause : la décision du chef de l'État de venir deux fois à la télévision cette semaine : jeudi, au 13 Heures de TF1, puis dimanche soir sur BFMTV et Mediapart.