Entre automobilistes et le gouvernement, le désamour s'est-il vraiment installé ?

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Depuis le 1er juillet dernier, date à laquelle la vitesse maximale a été abaissée de 90 à 80 km/h sur les routes secondaires, les automobilistes sont beaucoup plus flashés qu'avant. Et leur colère monte.

Les automobilistes ont, depuis quelques mois, la sensation que le gouvernement leur en veut. D'abord, le prix de l'essence a augmenté : entre 2 et 3 centimes par litre sur un mois, et plus de 20 centimes depuis l'année dernière. Puis, le PV de stationnement a doublé, passant de 17 euros à 35 euros, si ce n'est davantage encore dans certaines villes. 

À cela s'ajoute la mesure la plus décriée : le passage à 80 km/h sur les routes secondaires, qui a mécaniquement fait exploser le nombre d'amendes. En juillet, les radars ont flashé plus de 500.000 fois, soit le double par rapport au mois précédents.

Des radars vandalisés par des automobilistes mécontents. Particulièrement remontés contre la mesure, certains automobilistes se vengent sur les machines, lors d'opérations illégales menées de nuit. Depuis le 1er juillet et le passage aux 80 km/h, le nombre de radars vandalisés a été multiplié par quatre. Et on est loin du cliché du jeune motard qui attaque le radar casque sur la tête… Isabelle, maraîchère, a 60 ans. En deux mois, elle a déjà tagué une dizaines de radars. "Je m'arrête et je vais mettre un petit coup de bombe sur le radar pour le rendre aveugle. Quand je pars et que je vois les automobilistes, je me dis 'les gars, vous pouvez me remercier et rouler tranquilles'", raconte-t-elle au micro d'Europe 1. Isabelle risque 3.750 euros d'amende et une peine de travail d'intérêt général pour ces dégradations.

>> De 7h à 9h, c’est deux heures d’info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

La vengeance de certains élus ruraux. Les élus aussi font part de leur grogne, et certains refusent de changer les panneaux. D'autres ont déposé des recours devant le Conseil d'Etat. D'autres, encore, veulent malicieusement pousser la logique jusqu'au bout. C'est le cas de Jean-Marie Bernard, président du conseil départemental des Hautes-Alpes, qui a augmenté la vitesse sur les routes, normalement limitées à 70 km/h, à 80 km/h. "Les automobilistes, aujourd'hui, passent leur temps à regarder leur compteur de vitesse, ce qui ne rend pas la conduite plus sûre et confortable", justifie-t-il auprès de Nikos Aliagas, sur Europe 1.

Une baisse de la mortalité routière ? Il est encore difficile de quantifier le nombre de vies sauvées grâce à l'instauration de la limitation à 80 km/h. En juillet, on a dénombré 19 morts en moins par rapport à la même période l'an dernier, soit une baisse de 5%. Or, la mortalité avait déjà diminué en juin, en mai, en avril, et en mars. Parfois même dans des proportions plus grandes. En clair, la baisse de la mortalité sur la route avait déjà commencé avant le passage aux 80 km/h.

Europe 1
Par Matthieu Bock, édité par Anaïs Huet