Coronavirus : 33.885 morts en France, forte hausse des réanimations

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Ce mardi, on compte 33.885 morts du coronavirus en France.
Ce mardi, on compte 33.885 morts du coronavirus en France. © AFP
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La France compte mardi soir 33.885 morts du coronavirus, et 2.168 cas graves en réanimations. Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé une enveloppe supplémentaire de 2,5 milliards d'euros pour les établissements de santé. 
L'ESSENTIEL

La France compte mardi soir 33.885 morts du Covid-19, tandis que le nombre de cas graves en réanimation augmente fortement depuis le dernier pointage. Dans le même temps, le ministre de la Santé Olivier Véran annoncé devant l'Assemblée nationale une enveloppe supplémentaire de 2,5 milliards d'euros pour les établissements de santé face à l'épidémie de coronavirus. Par ailleurs, en Grèce, pays qui reste relativement ouvert, des élèves français et leurs professeurs ont été placés en quarantaine à Athènes après la détection d'un cas. 

Les principales infos à retenir :

  • En France, on compte ce mardi 33.885 morts du coronavirus
  • Olivier Véran annonce 2,5 milliards supplémentaires pour les établissements de santé
  • 27 Français ont été placés en quarantaine en Grèce
  • L'Irlande et le pays de Galles reconfinent, de nombreux pays européens adoptent des mesures restrictives 

Forte hausse des réanimations en France

Les indicateurs de l'épidémie de coronavirus continuent de se dégrader en France. Le dernier bilan publié mardi soir par Santé Publique France fait état de 20.468 nouveaux détectés en 24 heures, tandis que le taux de positivité des tests atteint désormais les 13,6%, contre 13,4%. Mais c'est le nombre de personnes en réanimation qui est au centre de l'attention, avec une forte hausse. Pas moins de 2.168 malades sont ainsi dans ces services. La dernière fois que l'on a compté plus de 2.000 personnes en réanimation pour Covid-19 remonte à la mi-mai. 

Au pic de l'épidémie, en avril, plus de 7.000 malades étaient hospitalisés en réanimation, un nombre qui a fortement chuté jusqu'à fin juillet, avant de remonter progressivement. La situation est particulièrement tendue en Ile-de-France, qui concentre 661 malades en réanimation. Le bilan provisoire de l'épidémie grimpe à 33.885 morts, dont 163 recensés en 24 heures.

Olivier Véran annonce 2,5 milliards supplémentaires pour les établissements de santé

Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé mardi devant l'Assemblée nationale une enveloppe supplémentaire de 2,5 milliards d'euros pour les établissements de santé face à l'épidémie de coronavirus. "Nous faisons désormais face à une seconde vague qui touche l'ensemble de notre territoire. Son impact financier est difficile à estimer mais il ne sera pas soutenable dans le cadre de l'Ondam (Objectif national des dépenses d'assurance maladie) à son niveau actuel", a lancé le ministre, au coup d'envoi des débats sur le projet de budget de la Sécu.

"Par amendement, nous allons introduire une provision prudentielle de 2 milliards d'euros supplémentaires, qui va être ajoutée au projet de loi de financement de la Sécurité sociale, afin de nous assurer que les établissements de santé pourront couvrir les surcoûts et les pertes de recettes subies dans les prochains semaines", a-t-il indiqué.

Tour de vis dans les Pyrénées-Atlantiques 

Le département des Pyrénées-Atlantiques, confronté à une dégradation rapide des indices sanitaires ces derniers jours, a annoncé mardi un "tour de vis", pour l'instant mesuré, avec notamment la fermeture des bars à 22h. Les Pyrénées-Atlantiques ont vu en moins d'une semaine le taux d'incidence passer de 125 à 208 pour 100.000 habitants mardi, soit le taux départemental le plus élevé de Nouvelle-Aquitaine, a annoncé l'Agence régionale de santé. 

Le préfet du département a annoncé une série de mesures applicables jeudi pour 15 jours, dont la fermeture des bars à 22h, l'interdiction de consommation d'alcool sur la voie publique entre 22h et 5h, de vente d'alcool à emporter après 22h, la tenue de 'cahiers d'appel' avec coordonnées des clients des bars, l'interdiction des fêtes locales, soirées estudiantines, sorties scolaires ou périscolaires. Les vestiaires seront interdits dans les équipements sportifs, saufs pour usage professionnel ou scolaire.

Des Français en quarantaine en Grèce

27 Français ont été placés en quarantaine dans la nuit de lundi à mardi à Athènes. Vingt-quatre élèves et leurs trois enseignants accompagnateurs sont arrivés "lundi matin à l'aéroport d'Athènes" où ils ont subi des tests de dépistage avant de se diriger au Pirée, grand port près d'Athènes, et "d'embarquer dans un ferry à destination de l'île touristique de Santorin en mer Egée", a indiqué à l'AFP une responsable du bureau de presse des garde-côtes. 

Mais lundi après-midi "les autorités aéroportuaires ont prévenu la police portuaire que le test de dépistage concernant l'une de trois accompagnateurs des élèves s'est avéré positif" et le ferry a dû rebrousser chemin et rentrer au Pirée, lundi soir, selon cette responsable.

3.019 verbalisations, 19.300 contrôles depuis l'entrée en vigueur du couvre-feu 

Le couvre-feu, entré en vigueur samedi afin de lutter et qui interdit tout déplacement à Paris et dans 8 métropoles de 21h à 6h, a donné lieu à  "3.019 verbalisations". "Il y a eu 19.300 contrôles", a précisé le ministre de l'Intérieur sur TF1 lundi soir. Depuis samedi minuit, il est interdit de se déplacer entre 21H et 6H en Île-de-France et dans les métropoles de Lyon, Lille, Toulouse, Montpellier, Saint-Etienne, Aix-Marseille, Rouen et Grenoble, pour limiter la propagation du Coronavirus.

Comme pendant les semaines de confinement du printemps, les personnes sortant pendant le couvre-feu doivent se munir d'attestations de déplacements, et ce uniquement si elles ont des raisons valables de se déplacer - travail, proche à l'hôpital, etc. Tout contrevenant s'expose à une amende de 135 euros puis, en cas de double récidive (trois fraudes au total), à six mois de prison et 3.750 euros d'amende.

Des scientifiques alertent sur la défiance à l'égard d'un vaccin, notamment en France 

Des scientifiques ont appelé les gouvernements à agir contre la défiance à venir des populations à l'égard du futur vaccin contre le Covid-19, qui pourrait entraver une couverture vaccinale idéale, selon leur étude publiée mardi. "Dans la plupart des 19 pays étudiés, les niveaux actuels d'acceptation d'un vaccin contre le Covid-19 sont insuffisants pour répondre aux exigences de l'immunité communautaire", mettent en garde les auteurs de l'étude menée en juin et publiée dans la revue Nature Medicine.

72% des 13.400 personnes interrogées dans les 19 pays ont déclaré qu'elles se feraient vacciner si "un vaccin disponible contre le Covid-19 démontre son efficacité et son innocuité", tandis que 14% répondent qu'elles refuseraient et autant 14% se montrent hésitantes. Le taux d'acceptation évolue fortement, avec trois pays sous les 60%, la France (58,8%), la Pologne (56,3) et la Russie (54,8), et trois autres qui dépassent les 80%, la Chine, le Brésil et l'Afrique du sud.

L’Irlande et le Pays de Galles reconfinent

L'Irlande et le Pays de Galles vont devenir cette semaine les premiers territoires en Europe à reconfiner leurs populations dans l'espoir de "célébrer Noël correctement". En Irlande, l'ensemble de la population sera reconfinée à partir de la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé tard lundi son Premier ministre Micheal Martin. La mesure entrera en vigueur mercredi à minuit pour six semaines, a-t-il précisé, tout en soulignant que les écoles resteraient ouvertes. L'ensemble des commerces non-essentiels devront fermer, les bars et les restaurants ne pourront servir que de la nourriture à emporter.

Le Pays de Galles sera quant à lui soumis à compter de vendredi à un confinement de deux semaines, la mesure la plus dure instaurée au Royaume-Uni depuis la première vague de Covid-19 du printemps. A partir de 18 heures, les plus de trois millions d'habitants de cette province britannique seront appelés à "rester à la maison". Les commerces non-essentiels devront fermer, conduisant à une situation comparable au confinement instauré au Royaume-Uni à partir du 23 mars au moment de la première vague.

Restrictions en série en Europe

Avec plus de 8.000 morts recensées en sept jours, l'Europe, où le seuil des 250.000 décès a été franchi dimanche, connaît son plus lourd bilan sur une semaine depuis la mi-mai, conduisant de nombreux pays à multiplier les mesures sanitaires. En Belgique, cafés et restaurants sont désormais fermés pour quatre semaines et un couvre-feu est entré en vigueur lundi de minuit à 5 heures pour essayer d'endiguer la "montée en flèche" de l'épidémie. Lundi, ce pays de 11,5 millions d'habitants recensait 222.253 cas, un chiffre qui a plus que doublé sur un mois, et 10.413 morts, ce qui en fait l'un des plus endeuillés d'Europe en proportion de sa population.

Un couvre-feu entrera en vigueur aussi dès mardi en Slovénie : les deux millions d'habitants de ce pays membre de l'UE n'auront pas le droit de sortir entre 21 heures et 06 heures. Pays voisin, l'Autriche a renforcé lundi ses mesures : les rassemblements devront être restreints à six personnes à l'intérieur et à douze personnes à l'extérieur.

En Italie, de nouvelles restrictions sont également entrées en vigueur lundi pour les bars et les restaurants, l'interdiction des fêtes et des foires locales et des sports collectifs amateurs. Les restaurants devront afficher leur capacité d'accueil maximale, fermer à minuit et n'accepter au maximum que six personnes par tablée. Les bars fermeront à 18 heures s'ils ne peuvent servir leurs clients à table. La Lombardie, la riche région italienne du nord la plus touchée par la pandémie, et la Campanie, la région de Naples, s'apprêtent elles à instaurer un couvre-feu nocturne, une première depuis la fin du confinement début mai. 

En Espagne, la ville de Burgos (Nord) rejoindra dans la nuit de mardi à mercredi la liste de plus en plus longue des municipalités partiellement bouclées. La région de Navarre subira le même sort à partir de jeudi. En Suisse, le pays d'Europe où la maladie a progressé le plus vite la semaine passée (+146%), le masque devient obligatoire dans les lieux publics fermés. En République tchèque, qui a le plus fort taux de contamination et de décès pour 100.000 habitants en Europe, le gouvernement a demandé à l'armée de bâtir un hôpital de campagne à l'extérieur de Prague.

Les États-Unis dépassent les 220.000 morts

La pandémie du coronavirus a fait au moins 1.119.590 morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles mardi. 

Plus de 40.416.800 cas d'infection ont été officiellement diagnostiqués. Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 220.134 décès, suivi par le Brésil (154.176 morts), l'Inde (115.197), le Mexique (86.338) et le Royaume-Uni (43.726).