Drogue : l'amende forfaitaire de 200 euros pour les petits consommateurs généralisée

  • A
  • A
1:33
© THOMAS SAMSON / AFP
Partagez sur :
L'amende forfaitaire de 200 euros pour l'usage de stupéfiants, expérimentée dans quelques villes, est généralisée à partir de ce mardi 1er septembre. Cette mesure, qui doit être une alternative à un procès, doit permettre de faire baisser la consommation et, partant, le trafic de drogue.

La mesure était expérimentées dans quelques villes. La voilà généralisée à partir de ce mardi à toute la France. Désormais, tout consommateur de stupéfiants contrôlé avec une petite quantité de drogue et qui n'a pas commis d'autre délit s'expose à devoir payer 200 euros. La mesure, qui doit être une alternative à un procès, doit permettre de lutter contre le trafic de stupéfiants en décourageant les acheteurs. "Dans quelques mois, quelques années, il y aura, je l'espère, moins d'usagers", explique ainsi Philippe Astruc, procureur de Rennes, au micro d'Europe 1.

"Responsabiliser les usagers"

Dans la préfecture bretonne, en effet, plus de 170 amendes forfaitaires ont été infligées depuis la mi-juin, essentiellement à des consommateurs de cannabis. Un tiers ont déjà payé, pour d'autres c'est en cours. "L'idée est de responsabiliser les usagers", poursuit Philippe Astruc. "Je pense qu'on peut faire un parallèle avec ce qui a été fait en matière de sécurité routière. Quand on a installé des radars automatiques, il y a eu une modification des comportements parce que la certitude de la sanction était beaucoup plus forte. Il se passera à peu près la même chose."

Pour le magistrat, cette amende permettra "un gain de santé publique", mais aussi de lutter contre les réseaux de drogue en général. "S'il y a moins de demande, il y aura mécaniquement moins d'offre et donc de trafic."

En attendant, cette amende forfaitaire n'est pas applicable à tout le monde mais uniquement aux contrevenants majeurs, qui ont leurs papiers, contrôlés avec une petite quantité de drogue. Il faut aussi qu'ils acceptent la sanction, inscrite à leur casier judiciaire. Pour tous les autres, la peine encourue reste d'un an de prison, même si elle est très rarement prononcée. 

Europe 1
Par Guillaume Biet, édité par Margaux Baralon