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"Des paysages immaculés" sources de "grande émotion" : Jean-Christophe Rufin raconte sa montagne

Mathilde Durand - Mis à jour le
Jean-Christophe Rufin

Installé en Haute-Savoie depuis une vingtaine d'années, l'écrivain et académicien Jean-Christophe Rufin témoigne de son amour pour la montagne. Des paysages "immaculés", vierges de tous skieurs en raison de la pandémie de Covid-19. "Il ne faudrait pas que cela dure éternellement", rappelle-t-il néanmoins. 

Le 11 décembre est, depuis 2003, la journée internationale de la montagne. Symbole d'air pur, d'évasion, de sports d'hiver également, les montagnes sont pourtant désertes cette année, en raison de l'épidémie de Covid-19 . Les remontées mécaniques sont fermées dans les stations de ski . Pour tout un secteur économique, l'inquiétude est forte. Jean-Christophe Rufin , académicien et écrivain, vit en Haute-Savoie depuis une vingtaine d'années, dans un chalet au plus proche du Mont-Blanc. Il témoigne sur Europe 1 de ce paysage, "immaculé" en cette période, et de son amour pour la montagne. 

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"La source d'une grande émotion"

S'il déplore les mesures de restriction du gouvernement, il s'émerveille néanmoins d'un paysage désert. "Je trouve ça évidemment triste et dommage, notamment sur le plan économique, parce que dans ces régions, les habitants vivent très largement de ces activités. Et puis, ils aiment ça. Ce ne sont pas seulement leurs ressources, c'est vraiment leur passion", assure-t-il. "Mais d'un point de vue personnel et de façon un peu égoïste, on a un peu l'impression d'avoir la montagne pour soi tout seul. C'était déjà le cas pour le premier confinement, mais là, ça l'est encore plus".

Les stations de ski se sont transformées désormais en "domaine du ski de randonnée", raconte l'écrivain. "On peut, quand on a des peaux de phoque et des skis ou des raquettes, aller profiter d'une montagne vierge". "C'est très surprenant parce que même la vie sauvage est là. Il y a plus de traces d'animaux", ajoute Jean-Christophe Rufin. "Il ne faudrait pas que ça dure éternellement. Mais sur le moment, c'est aussi la source de grande émotion. On a l'impression d'être dans un paysage tout à fait immaculé, tout à fait vierge.

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Un paysage changeant 

"Je suis très privilégiée parce qu'à l'œil nu, je peux voir le refuge du Goûter par lequel passent les alpinistes qui montent au Mont Blanc", décrit-il. "C'est vraiment un des endroits les plus proches du sommet du massif. Il y a des gens qui peuvent trouver ça écrasant. Mais moi, j'apprécie beaucoup d'avoir ce paysage sous les yeux, d'autant qu'il change tout le temps selon les heures."

Originaire du Berry, l'écrivain a choisi de poser ses valises en altitude, il y a vingt ans, après plusieurs années de visites régulières. "C'est un endroit à la fois très vivant et en même temps où on peut trouver la solitude qui est nécessaire quand on écrit", explique-t-il.