Des chevaux maltraités aux chiens et chats abandonnés, la belle histoire de la SPA

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Créée par le docteur Etienne Pariset en 1845, la SPA existe depuis 175 ans. Dans "La France bouge", Europe 1 retrace l'histoire de cette organisation dédiée à la protection des animaux, très éprouvée par les confinements successifs.

L'année a été rude pour la SPA. Avec le confinement, l'association a vu augmenter le nombre de ses protégés, faute de personnes pouvant se rendre sur place pour les adopter. Une péripétie de plus dans une histoire de 175 printemps. Tout commence en 1845. Le docteur Etienne Pariset se promenait dans les rues de Paris lorsqu'il tombe nez-à-nez avec un cheval épuisé, battu par un cochet. L'homme le frappe aux naseaux, mais l'animal est trop faible pour se relever. Etienne Pariset a alors l'idée de fonder une association chargée de protéger les animaux maltraités. La SPA était née. 

"Aujourd’hui cela nous paraît normal mais à l’époque il s’agissait d’une avancée considérable par rapport à l’état d’esprit du public", souligne Jean-Charles Fombonne, président de la SPA, au micro d'Europe 1. Cinq ans plus tard, en 1850, est promulguée la loi Gramont, la première loi de protection des animaux. "Seront punis d'une amende de cinq à quinze francs, et pourront l'être d'un à cinq jours de prison, ceux qui auront exercé publiquement et abusivement des mauvais traitements envers les animaux domestiques." Seul l'espace public est alors concerné par cette pénalisation. 

Un premier refuge ouvert en 1903

C'est au cours du Second empire que la SPA prend de l'importance. "En 1860, l'empereur Napoléon III accorde à la SPA la reconnaissance d’utilité publique. C’était une avancée majeure puisqu’elle lui a donné de la visibilité auprès du public ainsi qu’un cadre légal", précise Jean-Charles Fombonne. 

Le premier refuge est ensuite créé à Gennevilliers en 1903, à la suite d’un appel aux dons lancé par l’écrivain Guy de Maupassant. Après cette première victoire, l’autre temps fort de la SPA intervient en 1945. L’Europe sort de la guerre et les Français n’ont plus d’argent à consacrer à leurs animaux. "Mes prédécesseurs sont partis de l’idée que les animaux allaient pâtir de la misère sociale. On a donc ouvert rue Mallarmé, à Paris, le premier dispensaire où l’on soignait les animaux des gens n’ayant pas les moyens de payer un vétérinaire."

3.200 animaux attendent de trouver un foyer

En 1948, la SPA s’adresse aux adolescents, avec la création des "clubs jeunes". "On reçoit de jeunes bénévoles jusqu’à 18 ans, qui font des petits travaux, construisent des niches ou donnent un coup de main dans les refuges. C’est un échange gagnant-gagnant : nous on leur apprend à s’approcher des animaux, à les soigner, à les comprendre."

La SPA compte aujourd’hui 55 refuges à travers la France. Le confinement a été rude pour l’association, qui a enregistré une baisse des adoptions et une augmentation de 4% des abandons. 3.200 animaux attendent actuellement d’être adoptés. 

Europe 1
Par Charlotte Barriquand, édité par Laetitia Drevet