Dans les Vosges, Macron vivement interpellé par des cheminots

Emmanuel Macron a eu un vif échange avec des cheminots.
Emmanuel Macron a eu un vif échange avec des cheminots. © Capture d'écran France Télévisions
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avec AFP , modifié à
Lors d'un déplacement dans les Vosges, le chef de l'État a été chahuté par des cheminots, qui lui reprochent entre autres de ne pas prendre en considération la difficile situation des petites lignes.
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"Cheminots en colère, on va pas se laisser faire !". Lorsqu'il est sorti de la mairie de Saint-Dié-des-Vosges, où il est était en déplacement, mercredi matin, Emmanuel Macron a été accueilli au son des slogans des opposants à la réforme de la SNCF.

"Je vous demande d'accepter un changement". Le chef de l'État s'est alors dirigé vers le petit groupe pour engager le débat. "La réforme que nous faisons, j'y crois profondément (…) Je vous demande d'accepter un changement. Les discussions vont se poursuivre jusqu'à fin juin (…) Nous sommes en désaccord mais je vous demande simplement de ne pas prendre en otage dans cette affaire", a-t-il dit à une vingtaine de cheminots qui l'ont sifflé. "Le jour où la réforme (de la SNCF) est faite, on réinvestira dans les petites lignes, je m'y engage", a-t-il répondu à l'un d'eux inquiet pour la ligne entre Saint-Dié et Epinal. "D'ici là, ce sera trop tard", lui a répondu un opposant à la réforme. "Vous croyez que je vais pouvoir conduire un train à 65 ans. (…) On sera foutus à la porte avant, on se fait virer avant", a-t-il poursuivi. "Vous êtes plus protégés que des fonctionnaires", a rétorqué Emmanuel Macron. 

"Il y a des gens qui veulent simplement le désordre et la violence. Eux, je n'ai rien à leur dire", a ajouté le chef de l'État. "Ils sont dans la rue parce qu'ils ne veulent pas bouger", avait auparavant affirmé le président à un autre passant. "Si je cède sur les 80 km/h, si je cède au cheminot qui râle, puis sur Notre-Dame-des-Landes, alors demain c'est fini, on ne tient plus rien, on ne fait plus rien", ajoute-t-il. En milieu de matinée, à son arrivée à Saint-Dié, Emmanuel Macron avait été accueilli par plusieurs centaines de personnes qui l'avaient applaudi sur la place de la mairie.

Lancement d'un plan pour la revitalisation des centres-villes. Les cheminots ont entamé mercredi leur quatrième épisode de grève depuis début avril, au lendemain du vote mardi soir en première lecture à l'Assemblée du projet de réforme sur la SNCF. Après avoir participé la veille à la première "consultation citoyenne sur l'Europe" à Epinal, Emmanuel Macron passe la journée dans les Vosges pour promouvoir le plan "Coeur de Villes", récemment lancé pour revitaliser le centre de 222 villes moyennes en France dont Saint-Dié, qui compte 20.000 habitants et souffre de la désindustrialisation.