Covid-19 : "Une seconde vague serait plus difficile à gérer, les personnels sont épuisés"

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Gilles Pialloux publie "Nous n’étions pas prêts", aux éditions JC Lattès. 3:00
Gilles Pialloux publie "Nous n’étions pas prêts", aux éditions JC Lattès. © AFP
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Invité mercredi d'Europe 1, Gilles Pialoux, le chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon publie "Nous n’étions pas prêts" sur la crise sanitaire des dernières semaines. Pour ce médecin, le système hospitalier français aurait beaucoup de mal à gérer une seconde vague, quatre mois seulement après avoir été mis à rude épreuve.
INTERVIEW

Alors que la situation épidémique ne cesse de se dégrader en France, le système hospitalier serait-il prêt à affronter une seconde vague de contaminations au Covid-19, comparable à celle de mars-avril ? Chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon, Gilles Pialoux, tente de répondre à cette question dans son ouvrage Nous n’étions pas prêts, aux éditions JC Lattès, sorte de  journal de l’épidémie au quotidien, à partir duquel il tente de tirer les leçons de cette crise.

"Le Covid-19 est une maladie de la mondialisation"

"On a une vraie inquiétude sur le nombre de malades qui rentrent à l’hôpital. Une seconde vague serait beaucoup plus difficile à gérer, car les personnels sont épuisés", confie-t-il jeudi au micro d’Europe 1, alors que le nombre de contaminations quotidiennes ne cesse d'augmenter depuis plusieurs jours. "À l’automne, on aura le Covid, mais aussi la grippe et toutes les maladies respiratoires qui circulent", pointe ce médecin. "Là, ça va devenir beaucoup plus compliqué", avertit Gilles Pialoux.

À ses yeux, la gestion de la crise sanitaire est un "échec politique." "Le Covid-19 est une maladie de la mondialisation, c’est une maladie complètement déconcentrée." Il estime que Paris doit donner davantage de marge de manœuvre aux territoires pour gérer l'épidémie à l'échelon local. "Il est important que les décisions soient prises localement et pas au niveau du pouvoir central", enjoint-il.