Coronavirus : les médecins généralistes inquiets et en colère

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Les médecins généralistes craignent de voir les cabinets médicaux rapidement saturés de patients se croyant infectés par le coronavirus. © AFP PHOTO /CENTERS FOR DISEASE CONTROL AND PREVENTION/ALISSA ECKERT/HANDOUT
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Bertrand Legrand, médecin généraliste à Tourcoing, craint de voir les cabinets médicaux rapidement saturés de patients se croyant infectés par le coronavirus. "Une fois que vous aurez 1.000 médecins à l'arrêt, comment on va soigner les gens ?", s'interroge-t-il sur Europe 1 jeudi.

Les consignes du gouvernement dans la gestion du coronavirus ne convainquent pas les médecins généralistes. "Le fait d'appeler le 15 est sûrement une bonne stratégie quand vous avez quelques centaines de cas, ça ne devient pas du tout une bonne stratégie quand on doit traiter des milliers de personnes", considère le docteur Bertrand Legrand, médecin généraliste à Tourcoing et secrétaire général de la CSMF (Confédération des syndicats médicaux français) sur Europe 1 jeudi. "Maintenant on va rentrer dans cette phase, où ce sera des milliers de cas suspects pour peut-être un seul ou deux cas de coronavirus."

"C'est totalement utopique de penser que les gens vont rester confiner"

Il affirme qu'il y aura inévitablement, à terme, des malades ou des patients croyant être infectés par le coronavirus qui viendront directement voir leurs médecins dans les cabinets de villes plutôt que de contacter le 15 en cas de suspicion d'infection comme le préconisent les autorités sanitaires. "Cette stratégie est partie du principe que les patients seraient responsables. C'est totalement utopique de penser que les gens vont rester confiner", estime le docteur Bertrand Legrand. 

Il craint donc que l'afflux de malades ne paralyse les cabinets de villes qui devront faire l'objet de quarantaine sans parler des risques de contagion. "Un médecin qui recevrait un cas suspect qui serait passé en cas probable, donc en isolement à l'hôpital, est censé fermer son cabinet et rester chez lui pendant 14 jours", explique-t-il, rappelant que tous les patients qui sont dans la salle d'attente de ce médecin devront être suivis eux aussi. "C'est impossible ! Une fois que vous aurez 1.000 médecins à l'arrêt, comment on va soigner les gens ? On est déjà en situation tendue, on est déjà en épidémie de grippe, ce n'est pas possible", souligne le médecin         

Europe 1
Par Lionel Gougelot, édité par Céline Brégand