L'épidémiologiste Catherine Hill a pinté du doigt la mauvaise gestion de l'épidémie par le gouvernement. 6:20
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Baptiste Denis , modifié à
Pour l'épidémiologiste Catherine Hill, invitée de la matinale sur Europe 1 ce samedi, les autorités ne prennent pas la propagation de l'épidémie du coronavirus à bras le corps. Un dépistage massif de la population reste, selon elle, la meilleure solution.
INTERVIEW

Invitée dans la matinale d'Europe 1, l'épidémiologiste à l'hôpital Gustave Roussy de Villejuif, Catherine Hill, pointe du doigt la gestion de l'épidémie par le gouvernement. Le virus continue de circuler en France et que le Premier ministre Jean Castex a appelé les Français à la "responsabilité" face au coronavirus vendredi, sans annoncer de nouvelles mesures de restrictions drastiques. Catherine Hill a tenu à souligner que "les autorités ne comprennent pas cette épidémie" en ne prenant pas assez en compte "les porteurs asymptomatiques".

"La stratégie des autorités consiste à attendre que les gens aient des symptômes pour pouvoir les tester et retrouver leur contact. Ce système ne détecte qu’une fraction assez petite des cas que l’on connaît. On continue d'ignorer une énorme partie de la circulation du virus. La situation va continuer à se dégrader", alerte Catherine Hill en soulignant tout particulièrement la hausse préoccupante des admissions journalières en réanimation. Un chiffre multiplié par trois et demi en quatre semaines selon elle. "Dans huit semaines on sera presque à 700, comme le nombre maximum atteint en avril. Il y a quelque chose qui ne va pas. C’est vraiment une catastrophe."

Pour la scientifique c'est toute l'organisation des autorités sanitaires qui est à revoir. Elle leur conseille avant tout de "séparer le dépistage du diagnostic", assurant qu'on ne détecte actuellement "qu'un cas sur cinq". Pour cela, le dépistage massif de la population semble la solution la plus adéquate. "Il faut essayer de tester au maximum l’ensemble de la population même avec des tests qui sont moins performants. Les tests antigéniques sont parfaits pour cela", préconise-t-elle avant d'appeler à aider les laboratoires en leur fournissant plus de personnels.

"Si on arrivait enfin à avoir des tests salivaires, qui sont disponibles dans d’autres pays, on pourrait grouper les tests. Avoir les échantillons de 20 personnes dans un seul tube", a aussi proposé Catherine Hill.

"Nous, on nous dit que c’est de notre faute et qu’il faut mettre un masque"

Enfin, quant aux gestes barrières que le gouvernement martèle aux Français de respecter au pied de la lettre, ce ne sont que des "mesures palliatives en attendant une meilleure stratégie" pour Catherine Hill. "Les pays qui ont contrôlé le virus sont ceux qui ont réussi à isoler les personnes qui étaient porteuses du virus. Nous, on nous dit que c’est de notre faute et qu’il faut mettre un masque. Ce n’est pas comme ça que ça marche !", s'est-elle indignée.