Coronavirus : avec la peur d'une deuxième vague, le Portugal prend des précautions drastiques

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Une femme devant un laboratoire de dépistage à Lisbonne. 1:42
Une femme devant un laboratoire de dépistage à Lisbonne. © PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP
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Alors que l'épidémie de Covid-19 connaît un net regain au Portugal, les autorités viennent de reconduire leur stratégie d'anticipation en prenant des mesures drastiques, qui ont jusque-là plutôt fait leurs preuves face à la première vague de l'épidémie.
REPORTAGE

L’épidémie du coronavirus continue de gagner du terrain en France. Plus de 8.000 nouvelles contaminations au cours des dernières 24 heures et des hospitalisations et des réanimations qui augmentent. Mais l’accélération de la circulation du virus dépasse les frontières. Notamment au Portugal où la situation se tend. Vendredi, le chiffre de 687 nouveaux cas en vingt-quatre heures a fait sonner toutes les alarmes.  Devant ce retour en force du Covid, les autorités viennent d'approuver de nouvelles mesures de sécurité, en appliquant la même stratégie d'anticipation qu'au mois de mars, lorsque le pays ne comptait qu'une dizaine de cas de contagion. Regroupements de dix personnes maximum, horaire des supermarchés étendu ou encore fermeture des bars à 21 h dans certains quartiers. Reportage à Lisbonne. 

Dans la capitale portugaise, l’objectif est d’agir vite en cas d’aggravation de la situation car le système hospitalier portugais ne peut pas se permettre d’être surchargé. Des respirateurs tous neufs ont été aperçus sur le tarmac de l’aéroport de Lisbonne. Mais l’image, largement diffusée sur internet ne dit pas toute la vérité : si le système hospitalier portugais a fait le plein de matériel, il manque encore cruellement d’hommes.

"Ce sera difficile pour l’hôpital de fournir une réponse adéquate"

Avec l’augmentation récente de cas, l’épidémiologiste Rcardo Becia ne cache pas sa préoccupation. "Chaque hiver, c’est déjà difficile pour le système de faire face à l’augmentation de la demande. Donc on est inquiets cette année. Entre les grippes habituelles et la pandémie, ce sera difficile pour l’hôpital de fournir une réponse adéquate", prévient le spécialiste.

Les nouvelles restrictions sont donc très largement acceptées par les Portugais. La prudence est d’autant plus importante, raconte Maria à l’entrée de son immeuble, que la population est vieillissante. "Il faut agir en avance pour éviter une catastrophe. Par exemple, dans cet immeuble, sur sept propriétaires, il y en a cinq qui ont plus de 70 ans. On sait que les personnes âgées sont plus vulnérables face au virus", souligne la Lisboète.

En attendant de voir si les nouvelles mesures suffisent à ralentir la progression du virus, les médecins n'ont qu’une obsession : tester le plus de monde possible.

Europe 1
Par Pierre Herbulto, édité par Baptiste Denis