Bordeaux : évacuation du Grand-Théâtre occupé, la mairie invoque la "sécurité"

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Grand-Théâtre de Bordeaux
Mercredi, la police municipale a bloqué les entrées du Grand-Théâtre de Bordeaux, rendant toute sortie définitive. © PHILIPPE LOPEZ / AFP
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Le Grand-Théâtre de Bordeaux, bâtiment du XVIIIe siècle, était occupé depuis le 15 mars par des représentants du monde la culture, soutenus par la CGT. Toutefois, d'autres manifestants, favorables à une "convergence des luttes" se sont installés dans l'édifice jeudi dernier.

La mairie de Bordeaux a mis en place mercredi un dispositif d'évacuation dans le calme du Grand-Théâtre de la ville, occupé depuis le 15 mars, la police municipale autorisant les sorties du bâtiment néo-classique, mais pas les entrées. Dans un communiqué, le maire écologiste Pierre Hurmic a expliqué que les "activités artistiques et la sécurité des lieux n’étaient plus garanties à ce jour", demandant aux occupants de "quitter le Grand-Théâtre sans délai".

"Cette occupation ne s’inscrit plus dans la revendication nationale des acteurs culturels" 

Le Grand-Théâtre de Bordeaux, monument fin XVIIIe au cœur de la capitale girondine, avait été occupé le 15 mars par des intermittents du monde de la culture, avec le soutien de la CGT. Néanmoins, de nouveaux occupants étaient arrivés le 18, dont les revendications étaient plus proches de la "convergence des luttes" et de la lutte contre la précarité, amenant les précédents occupants à quitter les lieux. 

 

"Force est de constater aujourd’hui que cette occupation ne s’inscrit plus dans la revendication nationale des acteurs culturels et que les occupants ne sont pas en mesure de garantir les conditions sanitaires et de sécurité initiales qui avaient été convenues avec la direction de l’Opéra", explique la mairie dans un communiqué, estimant que "les jauges et les gestes barrières ne sont pas respectés". "De plus, les occupants ne contrôlant pas les entrées et les sorties, la circulation dans les lieux n’est absolument plus maîtrisée", ajoute la mairie.

Une demande d'expulsion a par ailleurs été déposée par la présidence du Grand-Théatre, dédié à l'art lyrique et à la danse, auprès du tribunal administratif.

Mercredi matin, plusieurs agents de police municipale étaient postés devant les portes vitrées du Grand-Théâtre. "Personne ne rentre et ceux qui veulent sortir, sortent" mais toute sortie est "définitive" a expliqué un agent, assurant que "les choses se déroulent dans le calme". "Cette évacuation, c’est l’exemple même de la division des luttes", déplorait un étudiant de 22 ans, sous couvert d’anonymat. "Notre lutte est devenue criminelle", dénonçait un autre étudiant de 21 ans.

 

Europe 1
Par Europe 1 avec AFP