Bernard-Henri Lévy 1280 1:00
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Le philosophe a salué le "sursaut républicain" qui s’est mis en place après la mort de Mireille Knoll, octogénaire juive, tuée chez elle vendredi dernier.
INTERVIEW

Il avait pris la tête du cortège, aux côtés d'élus et de membres du gouvernement. Invité vendredi de la matinale d'Europe 1, Bernard-Henri Lévy est revenu sur la marche de mercredi en hommage à Mireille Knoll, une femme juive de 85 ans, tuée le 23 mars dans son appartement parisien. "Il va rester le sursaut républicain, la minute de silence à la fin de la manifestation et La Marseillaise entonnée d'une seule voix par les 25.000 personnes présentes à Paris et dans les autres villes de France", veut croire l'essayiste, malgré les tensions qui ont émaillé cet hommage, obligeant l'exfiltration de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen.

"Il était temps !" Alors que le parquet a retenu le caractère antisémite du meurtre, Bernard-Henri Lévy se félicite de l'indignation et de la mobilisation des Français face à ce drame. "Il était temps ! Même dans les années 1930, on ne venait pas chercher des vieilles dames chez elles pour les défenestrer, les poignarder et les brûler", commente-t-il.

La racine du mal. "Comment est-ce que l'on arrête le terrorisme chez nous et que l'on fait en sorte qu'il n'y ait pas davantage de madame Knoll que l'on va chercher dans leur lit, poignarder et brûler ?", interroge encore l'écrivain. "Pour cela, il faut combattre le mal à la racine, et la racine c'est d'une part la poussée des nouveaux pays totalitaires ou autoritaires et l'affaiblissement moral des démocraties", estime celui qui publie L'Empire et les cinq Rois chez Grasset, un essai sur les crises qui agitent le Moyen Orient et le recul de l'influence occidentale dans cette région.