Mireille Knoll : des milliers de personnes à la marche blanche, Mélenchon et Le Pen hués puis exfiltrés

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Des milliers de personnes sont parties de la place de la Nation, avant 19 heures.
Des milliers de personnes sont parties de la place de la Nation, peu avant 19 heures. © ALAIN JOCARD / AFP
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Des milliers de personnes sont venues défiler contre l'antisémitisme, mercredi soir, à Paris, après le meurtre de Mireille Knoll. De nombreux responsables politiques étaient présents.

Une marche blanche pour dire "non" à l'antisémitisme. Des milliers de personnes ont défilé mercredi, en fin d'après-midi, à Paris, contre la haine des juifs et pour rendre hommage à l'octogénaire Mireille Knoll, dont le corps avait été retrouvé en partie carbonisé vendredi.

Mélenchon et Le Pen hués et exfiltrés. Alors que l'avancée de l'enquête ne permet pas encore de dire si la rescapée du Vel d'Hiv a été assassinée en raison de sa confession, anonymes et responsables politiques se sont rassemblés place de la Nation à partir de 18 heures, avant de rallier l'immeuble de Mireille Knoll dans le 11ème arrondissement de Paris. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, dont la présence n'était pas souhaitée par le président du Crif, Francis Kalifat, ont été hués et chahutés. 

"Le sujet de la manifestation, ce n'est pas moi. Que chaque juif sache qu'il est sous la protection de la communauté nationale. Le reste, ça ne compte pas", a évacué le leader de La France insoumise, exfiltré de la marche quelques minutes après l'avoir rejointe. "Il ne faut pas confondre quarante énergumènes avec des milliers de braves gens que compte ce pays, ça n'a rien à voir", a ajouté Jean-Luc-Mélenchon après son exfiltration. Marine a dû également quitter le cortège avant de le regagner un peu plus tard pour se retrouver devant le domicile de la vieille dame.

Entendu sur europe1 :
Cette manifestation, vous êtes en train de la saboter

Très remonté, Gérard Miller, cofondateur du Média et proche du leader de la France insoumise, est monté au créneau pour contester sa mise à l'écart du cortège. "Moi j'ai voté Mélenchon et toute ma famille est morte dans les camps et je n'ai pas le droit d'être ici ? C'est une manifestation contre l'antisémitisme, où tout le monde devait être uni (...) Cette manifestation, vous êtes en train de la saboter", a-t-il lancé à quelques manifestants après un échange houleux.

"Pas besoin de polémiques stériles". Peu avant 19 heures, l'AFP a dénombré plusieurs milliers de personnes présentes à cette marche blanche. "Je me sens très émue. Il y avait l'importance de partager une douleur. (…) On n'a pas besoin de polémiques stériles", a affirmé la rabbin Delphine Horvilleur sur BFMTV.

Daniel Knoll, le fils de la victime, a clairement pris parti pour Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. "Je n'étais pas présent quand ça s'est passé, je suis arrivé un peu en retard, mais c'est quelque chose, si je l'avais vu, qui m'aurais fortement déplu. C'est inadmissible, tout le monde avait le droit de manifester", a-t-il commenté. "Aujourd'hui, on aurait du tous être unis, toute la France, peu importe de quel parti on vient. Je m'en fous de ça. Il y a des gens bien partout, dans toutes les religions, dans tous les partis. Et il y a des abrutis..."

La communauté francophone d'Israël aussi mobilisée. Dans le même temps, à Israël, des dizaines de membres de la communauté francophone ont allumé des bougies à la mémoire de Mireille Knoll et entonné les hymnes israélien et français sur la place de Paris à Jérusalem. Environ 80 personnes, pour bon nombre des juifs d'origine française ayant fait le choix de vivre en Israël, ont exprimé leur émotion après le décès de l'octogénaire. Ils ont aussi fait part de leur inquiétude face aux crimes antisémites en France.