Avec la grève SNCF et les intempéries, les prix des bus flambent : "On n'a pas la main sur l’algorithme", assure Flixbus

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© Frederick M. Brown / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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Les usagers qui veulent bouger doivent trouver des alternatives pour se déplacer, comme le bus. Mais le prix des billets s'envole. 
INTERVIEW

Avec la grève des agents de maintenance qui se poursuit, un TGV sur trois sera en circulation mardi sur l'axe Atlantique. Et avec cette grève, comme depuis les intempéries dans le Sud de la France qui paralysent une partie du trafic SNCF, les usagers sont nombreux à râler contre l'explosion des prix de la solution de rechange : les fameux car Macron, les FlixBus et autres BlaBlaBus.

Les prix ont doublé voire triplé par rapport à la normale. Ilona est étudiante à Paris et a ainsi voulu rentrer chez elle à La Rochelle pour les vacances, son train étant supprimé : "Je vais sur mon téléphone prendre un BlablaBus, il était à 58,99 euros. C’est déjà très cher, en temps normal, c’est entre 17 et 20 euros".

"Le billet prend 10 euros en 3 minutes sans raison"

Mais l'étudiante n'était pas au bout de ses surprises : "Mon copain commence à réserver son bus, et là, le prix grimpe à 69,99 euros, en trois minutes ! Ça nous a mis en colère car on s’est dit qu’ils profitaient vraiment de la détresse des gens, de la grève SNCF pour augmenter les prix. Surtout, voir qu’en 3 minutes, le billet prend 10 euros sans aucune raison, c’est révoltant".

Les compagnies assurent de leur côté qu'il n'y a pas d'augmentations volontaires. "On n'a pas la main sur l’algorithme. Comme dans le ferroviaire ou l'aérien, les prix de nos billets sont fixés en fonction du remplissage du bus", assure sur Europe 1 le directeur des opérations de FlixBus. "Les billets pris à l'avance quand le bus est vide ne coûtent pas cher. Ceux pris en dernière minute quand il est quasi-rempli coûtent chers".

"On n'augmente pas manuellement nos prix"

"On n'augmente pas manuellement nos prix en période de grève. Simplement, les gens se jettent sur les derniers billets qui restent, donc les billets chers. C'est la loi du marché", analyse-t-il. Mais, si l'entreprise n'augmente pas manuellement les prix, ne peut-elle pas au moins limiter la hausse ? "Ça ne serait pas rentable pour nous. On a besoin de pouvoir vendre quelques billets au prix le plus cher pour compenser le reste des billets qui démarrent parfois à 5 euros. Oui, on profite de la grève en vendant les billets qu'il nous reste. Le reste du temps, les voyageurs profitent de prix très, très bas".

Autre solution : augmenter la flotte de bus pour limiter le prix des billets. Là encore, le direction des opérations de FlixBus a sa réponse : "Nous ne sommes pas propriétaires de nos bus. On loue la prestation à des entreprises implantées partout en France. On leur demande de mettre plus de bus en circulation, mais en ce moment ce sont les vacances scolaires, donc leurs bus sont déjà beaucoup utilisés par ailleurs".

Europe 1
Par Théo Maneval, édité par Maxime Dewilder