"Au menu, c'est taxes et chômage" : à Marseille, les restaurateurs entre colère et désespoir

, modifié à
  • A
  • A
Des restaurateurs ont manifesté jeudi à Marseille pour réclamer la réouverture de leurs établissements. 1:56
Des restaurateurs ont manifesté jeudi à Marseille pour réclamer la réouverture de leurs établissements. © AFP
Partagez sur :
Alors que les commerces s'apprêtent à rouvrir samedi, les restaurateurs, eux, attendent toujours le feu vert du gouvernement. Autorisation qui ne sera pas donnée avant au moins le 20 janvier. Jeudi à Marseille, les restaurateurs ont manifesté, entre colère et désespoir. 
REPORTAGE

Les commerçants savent ce qui les attend, pas les restaurateurs. Ils devront encore attendre au moins jusqu’au 20 janvier avant d’envisager une réouverture, qui n'interviendra que si la situation sanitaire face au Covid-19 le permet, a précisé Jean Castex. Jeudi à Marseille, des dizaines de professionnels du secteur ont à nouveau manifesté leur colère face à un avenir en suspens. 

"Après 20 ans de travail, tout ce que j'avais mis de coté est parti. Il n'y a pas de caisse alors on prélève tout sur les économies. J’ai fait un prêt de 100.000 euros, qui est parti dans le paiement des loyers", affirme Jacques, qui se dit "pratiquement ruiné". En plus des restaurateurs locaux, des gérants étaient venus de Béziers, Nice et des Hautes-Alpes pour grossir le cortège.

"Il va se retrouver où mon personnel ? A la rue ?"

Sur sa pancarte, Sandra a inscrit sa "carte" du jour. "Au menu, tout ce que notre cher Manu nous annonce : des taxes et du chômage. De l’espoir, on en a plus beaucoup malheureusement." Dans les rangs, la colère et le désespoir sont chaque jour un peu plus prégnants. "Nous respectons la distanciation, installons des séparations. S’il faut en faire un peu plus, on en est capables. Mais il faut arrêter de nous prendre pour des cons. Et mon personnel ? Il ne peut plus travailler, mon personnel. Il va se retrouver où, à la rue ?", s'emporte Jacques Mestre, président de l’UMIH (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie) de l’Héraut. 

Un sentiment d’urgence doublé d’une très grande défiance envers le gouvernement. Dans le cortège, personne ne croit plus à une possible réouverture en janvier. Peut-être avec raison : selon les informations d'Europe 1, celle-ci ne serait pas envisagée avant le 1er février. 

Europe 1
Par Stéphane Frangi, édité par Laetitia Drevet