Attentat de Strasbourg : qui sont les victimes ?

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Selon un dernier bilan, cinq personnes sont mortes et onze autres ont été blessées mardi soir lors de l'attentat de Strasbourg.

Ils étaient venus profiter de l'ambiance du marché de Noël de Strasbourg, boire un verre ou manger au restaurant et ont croisé mardi soir la route de Cherif Chékatt, qui a tué cinq personnes, Strasbourgeois de longue date ou étrangers de passage.

Les victimes décédées

Un touriste thaïlandais de 45 ans. en vacances à Strasbourg avec sa femme, indemne, il a été tué d'une balle dans la tête. Son décès a été confirmé par les autorités thaïlandaises.

Kamal Naghchband, 45 ans. Ce garagiste franco-afghan habitant Strasbourg, âgé de 45 ans et d'origine afghane, est mort jeudi. Marié et père de trois jeunes enfants, il avait fui la guerre en Afghanistan il y a une vingtaine d'années pour reconstruire sa vie en France. "Il allait voir le marché de Noël, et devant ses enfants il a pris une balle" dans la tête, a indiqué son cousin à l'AFP. Ses obsèques ont eu lieu vendredi à Strasbourg. Sa femme et ses enfants, à ses côtés le soir de l'attentat, sont sains et saufs.

Pascal Verdenne, 61 ans. L'ancien employé du Crédit agricole été visé par l'assaillant alors qu'il sortait d'un restaurant, tandis que sa femme et son fils étaient encore à l'intérieur, selon le témoignage d'un serveur de l'établissement recueilli par le journal Les Dernières nouvelles d'Alsace. Après plusieurs minutes de massage cardiaque réalisé par des passants, il est mort sur place avant l'arrivée des secours. Son avis de décès est paru dimanche.

Antonio Megalizzi, 28 ans. Journaliste italien, du réseau de radios universitaires Europhonica, il était à Strasbourg pour couvrir la session plénière du Parlement européen. Il était originaire de la région de Trente, dans le nord-est du pays. Touché d'une balle dans la tête, près du cou, devant un café-restaurant, il ne pouvait être opéré et a été placé en coma artificiel jusqu'à sa mort vendredi. "Mes pensées et mon affection vont à sa fiancée et à sa famille. C'était un garçon qui semblait plein de vie d'après ce qu'on m'a raconté", a réagi le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte.

Surnommé "Bartek", Barto Pedro Orent-Niedzielski, 36 ans. Strasbourgeois depuis vingt ans et originaire de Katowice en Pologne, il était une figure de la vie culturelle de Strasbourg. Mardi soir, il était dans la rue avec son ami Antonio Megalizzi. Il est mort dimanche de ses blessures. "Le rêve de Bartek était d'ouvrir une auberge linguistique à Strasbourg", a indiqué à l'AFP un ami proche de ce passionné des langues et autres cultures. Un ancien camarade de lycée l'a décrit à l'AFP comme "toujours souriant, accueillant, ouvert aux autres, prompt à la discussion". Il était notamment responsable des animations du festival européen de la bande dessinée Strasbulles et couvrait en temps que journaliste les sessions plénières du Parlement européen à Strasbourg.

Les blessés graves

Un musicien vosgien de 28 ans. Alors qu'il allait donner un concert dans le bar "Les Savons d'Hélène", il fumait une cigarette avec des amis sur la terrasse quand l'assaillant est arrivé. Il a "reçu une balle dans la carotide, qui a rompu l'aorte", a expliqué son père à la presse locale. Opéré, il a un temps été mis en coma artificiel et est désormais réveillé. Selon son père, il s'est interposé avec ses amis, dont l'un est également gravement blessé, pour empêcher le tireur de pénétrer dans le bar.

Une étudiante de 20 ans. Originaire de Metz, elle était à Strasbourg pour quelques jours avec son ami. Son père a indiqué au journal Républicain Lorrain que sa fille et son ami se sont retrouvés face à l'assaillant et, quand ils se sont retournés et ont pris la fuite, la jeune femme a reçu une balle dans le dos sous l'aisselle. Elle a été opérée et son pronostic vital n'est plus engagé.

Une jeune femme de 19 ans. Cette fille de fromagers de la rue des Orfèvres à Strasbourg, a reçu une balle dans le bras. Elle a été opérée et s'est réveillée. "Jeanne s'est fait tirer une balle dans le bras (...) c'est juste terrible. Le gars a tiré sur quelqu'un, ils ont pris la fuite et le gars les a poursuivis vers la place du marché de Noël, c'est là qu'il a tiré la balle sur Jeanne", a raconté sa mère à la radio France Bleu Alsace.

Ce bilan, toujours provisoire, comprend également d'autres blessés graves, dont les proches ne se sont pas exprimés publiquement, et plusieurs blessés légers. Aucun enfant ne figure parmi les victimes.