Attentat de Strasbourg : "Il y a eu chez moi un déclic, j'ai su qu'il était concerné", le père d'une victime raconte sa nuit d'angoisse

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3:30
© Sébastien BOZON / AFP
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Placé dans un coma artificiel après avoir été blessé à la gorge, Jeremy Raoult ne devrait pas conserver de séquelles, indique son père au micro de Matthieu Belliard sur Europe 1.
TÉMOIGNAGE

Il est sorti d'affaire. Blessé dans la fusillade qui a frappé Strasbourg mardi soir, Jérémy Raoult, 28 ans, est sorti jeudi du coma où les médecins ont dû le plonger. "Les dernières nouvelles sont plutôt bonnes. Il était dans un sommeil artificiel. Il a été réveillé aujourd'hui, il a pu écrire, exprimer des choses", rapporte au micro de Matthieu Belliard, sur Europe 1, son père Paul.

Opéré de la carotide, le jeune homme ne devrait pas conserver de séquelles graves. "À priori, tout fonctionne bien. C'était notre inquiétude."

"J'ai su qu'il était concerné". Un grand soulagement donc pour ce papa, qui a passé de mardi à mercredi l'une des plus longues nuits de sa vie. "Je l'ai appris assez tard, à 4 heures du matin [que mon fils faisait partie des victimes]. Mais dès 9 heures, j'avais eu l'information de l'attentat en regardant la télévision", rapporte-t-il. "Il y a eu chez moi un déclic, j'ai su qu'il était concerné. Je ne peux pas vous dire pourquoi. Je l'ai senti".

 

Des heures interminables. S'en suit alors un vrai parcours du combattant pour tenter de localiser Jérémy qui, ce soir-là, devait donner un concert dans le bar "les savons d'Hélène". "On a cherché à le joindre, mais on n'y arrivait pas. J'ai pris contact avec la cellule de crise, fait tout un tas de démarches, y compris sur les réseaux sociaux à partir de 2 heures du matin, via Twitter et Facebook", poursuit Paul Raoult. "C'est de là que l'on a eu l'information, via un ami de mon fils qui n'était pas sur place mais savait que Jérémy était blessé".

" Je veux puiser en moi une vraie force d'amour pour pouvoir construire, aller au-delà "

Un message d'amour. "Il me parait important de ne pas succomber à la haine ou à la colère, ce serait donner raison à ces gens-là", explique encore ce Vosgien. "Il y a tellement mieux à faire. Cette haine, je me l'interdis. Je veux puiser en moi une vraie force d'amour pour pouvoir construire, aller au-delà", conclut-il.

Europe 1
Par Romain David