Attaque de Villejuif : "Le terrorisme rejoint la folie", selon Jean-Michel Fauvergue, ancien patron du Raid

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Villejuif Fauvergue Terrorisme 3:30
L'attaque de Villejuif a fait un mort et deux blessés, vendredi. © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP - Europe 1
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Deux jours après l'attaque meurtrière de Villejuif, un homme fiché S pour radicalisation a menacé des policiers avec un couteau, dimanche, à Metz, avant d'être blessé par balle par les policiers. Pour le député LREM et ancien patron du raid Jean-Michel Fauvergue, "ces attaques sont l'oeuvre de personnes radicalisées qui ont des troubles psychiques".
INTERVIEW

Vendredi, un jeune homme de 22 ans a poignardé des personnes au hasard à Villejuif, dans le Val-de-Marne, faisant un mort et deux blessés. Deux jours plus tard, un autre homme a tenté d'agresser des passants et des policiers dans un quartier de Metz avant d'être blessé par balle par les forces de l'ordre. Si les deux faits sont "complètement différents", ils ont été commis avec le même mode opératoire, analyse Jean-Michel Fauvergue, invité d'Europe 1, lundi. Pour le député LREM et ancien patron du Raid, "ce sont des attaques qui sont l'oeuvre de personnes radicalisées qui ont des troubles psychiques."

Les premiers éléments des deux enquêtes montrent en effet que les deux agresseurs avaient des troubles psychiatriques. Selon Jean-Michel Fauvergue, "ce n'est pas nouveau : on s'aperçoit que le terrorisme rejoint la folie et que la folie rejoint le terrorisme. (…) Ce sont des gens isolés qui se radicalisent assez rapidement et qui passent à l'acte avec parfois des bouffées délirantes. C'est difficile de prévoir ce type de comportements, qui restent isolés."

Des "passerelles" entre folie et terrorisme

"Du passage à l'acte terroriste à la folie, il y a des passerelles, sur lesquelles jouent ceux qui fomentent à distance" les attaques, poursuit Jean-Michel Fauvergue, alors que d'éventuels liens avec des "commanditaires" n'ont pour l'heure pas été démontrés. "L'état de faiblesse psychique dans un milieu ambiant de violence va favoriser un passage à l'acte. Ce n'est pas quelque chose de nouveau que de se servir des personnes qui ont des déséquilibres pour commettre des actes irrémédiables."

Face à ce terrorisme apparemment mêlé à la folie, que peuvent les autorités ? "C'est très difficile pour les services de renseignement de travailler dessus", déplore Jean-Michel Fauvergue, selon qui "on n'est plus dans un terrorisme de réseau, mais dans un terrorisme endogène avec des jeunes Français ou des jeunes personnes habitant en France, (…) qui crée sa propre fabrique de terroristes." Reste qu'il faudrait, d'après le parlementaire, "continuer à travailler sur le renseignement" en matière de lutte contre le terrorisme.