Abattoir fermé dans l'Indre : "la situation était connue des services vétérinaires", dénonce L214

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Alors que le ministère de l'Agriculture a ordonné samedi la fermeture provisoire de l'abattoir du Boischaut, la Communauté de communes dont dépend l'établissement préfère évoquer "un manque de méthode". 

C'est une nouvelle vidéo choc qu'a diffusée vendredi L214. Dénonçant des "pratiques cruelles" dans l'abattoir du Boischaut, dans l'Indre, l'association de défense des animaux a dévoilé des images insoutenables, comme celles d'animaux encore vivants pendus à un crochet, ou d'un salarié s'y prenant à plusieurs reprises avant de mettre à mort des bovins. Ces images tournées entre fin août et début septembre ont poussé le ministre de l'Agriculture à ordonner la fermeture provisoire de l'établissement certifié bio.  

Cet abattoir avait pourtant déjà été inspecté il y deux ans par les services de la préfecture de l'Indre, et son rapport pointait déjà des entorses "majeures" au règlement des abattoirs. À l'échelle nationale, l'établissement obtenait la note de C, soit la deuxième plus mauvaise note possible. Les images diffusées témoignent donc d'une double défaillance, de l'abattoir lui-même et des services vétérinaires, selon Sébastien Arsac de l'association L214.

"Il n'y a eu aucune réaction pour se mettre en conformité". "L'employé fait une incision dans la patte des chevreaux entre le tendon et l'os avant même qu'ils soient saignés", explique-t-il au micro d'Europe 1. "C'est aussi quelque chose qui avait été identifié par les services vétérinaires donc en deux ans on voit effectivement que non seulement, la situation était connue et identifiée par les services vétérinaires, mais qu'il n'y a eu aucune réaction pour se mettre en conformité avec la réglementation dans cet abattoir". 

"Ce n'est pas de la maltraitance voulue par les agents". Le label bio dont disposait l'établissement implique notamment qu'au moment de l'abattage des bêtes, la souffrance doit être réduite au minimum. Mais pour François Daugeron, le président de la Communauté de communes de la Châtre et Sainte-Sévère, dont dépend l'abattoir public, "on voit bien que dans ces vidéos, ça n'est pas de la maltraitance voulue par des agents", assure-t-il à Europe 1. "C'est plus un manque de méthode et de 'process'. Il faut qu'on mette en place des méthodes avec les services vétérinaires de façon qu'on ne retrouve pas cette situation". 

L'activité de l'abattoir a été suspendue samedi pour 3 mois, le temps que le ministère de l'Agriculture enquête sur les pratiques de l'établissement.

Europe 1
Par Pauline Jacot, édité par Antoine Terrel