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avec AFP / Crédit photo : JEAN-FRANCOIS FORT / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP , modifié à
Les opposants aux bassines, réserves controversées destinées à l'irrigation agricole, s'élancent ce vendredi à 14 heures à vélo et en tracteur au départ des Deux-Sèvres, cinq mois après les violents affrontements survenus à Sainte-Soline.

Un convoi sous surveillance, destination Paris : les opposants aux bassines, réserves controversées destinées à l'irrigation agricole, se sont élancés vendredi en début d'après-midi à vélo et en tracteur au départ des Deux-Sèvres, cinq mois après les violents affrontements survenus à Sainte-Soline.

700 manifestants à vélo

À Lezay, commune voisine de Sainte-Soline, ce sont 700 manifestants à vélo et des dizaines de tracteurs qui doivent prendre la route. Le trajet prévu sillonne cinq départements (Deux-Sèvres, Vienne, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Loiret) afin de dénoncer "l'accaparement de l'eau" et son financement public, selon les organisateurs.

Après les affrontements très médiatisés entre manifestants et forces de l'ordre en mars, avec deux militants un temps plongés dans le coma, les autorités ont prévu un important dispositif de sécurité, incluant fermeture des routes à la circulation et utilisation de drones. Selon une source sécuritaire, l'événement s'apparente à "un rendez-vous familial (...) plutôt qu'une véritable démonstration de force même si les organisateurs annoncent eux-mêmes quelques surprises".

Ce "convoi de l'eau" se veut "un joyeux cortège"

Déclaré auprès des préfectures concernées, ce "convoi de l'eau" se veut "un joyeux cortège" qui s'arrêtera près de plusieurs projets agricoles contestés localement, promettent le collectif Bassines non merci et le syndicat agricole Confédération paysanne, qui le coorganisent.

Les Soulèvements de la Terre, qui avaient coorganisé les dernières manifestations à Sainte-Soline, ont annoncé leur participation, après la suspension en justice de la dissolution du collectif prononcée par le gouvernement. Le cortège sera ponctué d'une mobilisation le 26 août à Paris, au lendemain d'une étape à Orléans, siège de l'Agence de l'eau Loire-Bretagne qui cofinance les chantiers de réserves d'irrigation. "C'est une occasion unique pour eux de geler tous les financements des projets de bassines", a exhorté Julien Le Guet, le chef de file de Bassines non merci.

Selon lui, le départ à Lezay permet d'approcher l'emblématique chantier de Sainte-Soline, tout en restant dans "une logique de contournement" face aux gendarmes. La préfecture de Niort a d'ailleurs interdit les manifestations sur "la totalité" de la commune.

La réserve de Sainte-Soline est la deuxième des seize en projet dans le Marais poitevin. L'objectif est de stocker en plein air jusqu'à 6 millions de mètres cubes d'eau puisée dans les nappes en hiver, afin d'irriguer les cultures en été, selon un principe de "substitution". Ses promoteurs - 450 agriculteurs soutenus par l'Etat - défendent une assurance-récolte indispensable et un outil de transition vers l'agroécologie. Leurs opposants dénoncent un "accaparement de l'eau" par "l'agro-industrie", à l'heure du changement climatique.