À Bordeaux, les anti-gilets jaunes donnent de la voix : "C'est un danger pour la France"

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Alors qu'une quatrième séquence de blocage se prépare à l'échelle nationale samedi 8 décembre, dans la préfecture girondine, commerçants et riverains disent leur agacement face à une gronde qui affecte de plus en plus leur quotidien.

PAROLES DE

En annulant la hausse de la taxe sur le carburant pour 2019, l'exécutif fait un nouveau geste en direction des "gilets jaunes". Toutefois, la grogne est loin de retomber et les appels à manifester samedi continuent de se multiplier, alors que l'Elysée craint une nouvelle explosion de violence.

Mais des voix s'élèvent aussi pour exprimer leur ras-le-bol : commerçants au chiffre d'affaires en berne ou tout simplement citoyens qui en ont assez de ces blocages qui s'éternisent. À travers les rues de Bordeaux, Europe 1 est allé à leur rencontre.

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Des centres-villes désertés. Dans sa boutique qui vend des montres, Bruno voit son chiffre d'affaire baisser chaque jour de 10% à 25%, trois semaines seulement avant Noël. Auprès d'Europe 1, ce commerçant ne cache pas son inquiétude. "Désormais, les gens n'osent plus venir dans les magasins ou les centres-villes, et Amazon, qui ne paye pas ses impôts en France, en récolte tous les gains", s'agace-t-il. Il estime que le mouvement des "gilets jaunes", de blocage en blocage, est en train de mettre en danger l'économie locale. "Pour Bordeaux, il y a 25.000 salariés et 4.000 commerces qui en pâtissent directement. Il faut être raisonnable !", enjoint-il.

La "responsabilité" des meneurs. Certains souhaitent une issue d'autant plus rapide à ce conflit qu'ils redoutent en réalité une manipulation politique. "Ce n'est pas un danger pour les institutions, c'est un danger pour la France. Il y a des gens qui portent une grave responsabilité en attisant les choses", dénonce ainsi un riverain.

"L'ambiance est lourde". Et puis, il y a ceux, comme Hassen, qui comprennent les revendications de justice fiscale et sociale, mais s'interrogent sur l'organisation et donc l'efficacité du mouvement. "Ils sont toujours légitimes mais où vont-ils aller s'il n'y a personne pour discuter avec le gouvernement ?", interroge-t-il. "L'ambiance est lourde, angoissante", glisse enfin une grand-mère qui craint d'assister, ce week-end, à de nouveaux débordements sous ses fenêtres.